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" Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur". (1)

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Mais qu'est devenue Lee?

par Michel Grisolia
Lire, février 2005

 La romancière la plus lue des Etats-Unis a écrit un seul livre en 1960. Depuis, plus rien. Explications.

La femme invisible existe, même si personne ne l'a plus rencontrée depuis quarante ans. Elle s'appelle Harper Lee et elle est l'auteur d'un unique roman, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, livre-culte dès sa parution en 1960. Si miss Lee est la fille littéraire de Faulkner pour la puissance tragique de son inspiration, elle s'apparente au Salinger de L'attrape-cœur par sa volonté d'anonymat. Elle est née en 1926 à Monroeville (Alabama), où elle vit toujours. Vendu à plus de trente millions d'exemplaires, son admirable roman fut un best seller dans le monde, à l'exception de la France; il y fut pourtant traduit deux fois déjà, chez Seghers dans les années 1960 et vingt ans plus tard chez Julliard. Espérons que la troisième édition sera la bonne.

Lorsqu'on demande aux Américains quels ouvrages ont transformé leur vie, le roman de Harper Lee vient en deuxième position tout de suite après la Bible et un sondage récent a désigné Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur comme un des trois plus grands romans du siècle.

Devenir un auteur de best-seller ne fut jamais l'ambition de Harper Lee. La romancière ne désirait qu'être, au mieux, la Jane Austen du comté. Dès l'adolescence, elle se rêve écrivaine. Après des études de droit, elle entre dans une compagnie aérienne où elle s'occupe des réservations. Les jours de congé, elle écrit. En 1957, le mot «fin» apparaît au bas du volumineux manuscrit: «Ce n'est pas un roman, plutôt un recueil de nouvelles», décrète l'éditeur à qui elle l'a montré. Deux ans de retravail et Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur paraît. Succès critique et public immédiat. L'année suivante, le roman obtient le prix Pulitzer. «J'adore écrire, et j'ai d'ailleurs déjà commencé un autre roman, déclare Harper Lee en 1964. J'espère seulement que chacun de mes prochains livres sera meilleur que le précédent, et non pas pire.» Aime-t-elle trop écrire? Jusqu'au vertige, jusqu'au blocage? Ses commentateurs l'ont suggéré. Car elle n'a plus jamais publié ni roman ni nouvelles, juste une poignée d'articles sur l'amour ou les guerres indiennes. Et rien ne lui est plus désagréable que l'évocation devant elle de son Oiseau moqueur. «Je crois avoir dit tout ce que j'avais à dire», a simplement confié cette Margaret Mitchell moins convenable, qui aurait eu à la fois du génie et le souci des droits civiques des Noirs et des minorités, comme en témoigne son roman.

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A
Merci Elisabeth de vos commentaires. Je note le livre sur lequel vous attirez notre attention et je le retiens dans mes projets de lecture. Dans les jours à venir je mettrai deux autres critiques du livre " Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur". Tant il m'a plu et tant j'aimerais être capable de donner envie de le lire.
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E
Et pourtant, on continue à lire, car chaque livre, même s'il ne dispense pas de nouvelles idées, apporte un univers mental propre. Ansi, pour compenser l'agencement des mêmes thématiques nous pouvons trouver une description de lieux, par ex., totalement insolites. Voir l'ouvrage Suzanne la pleureuse, de Alona Kimhi, qui se déroule en Israël. De surcroît le thème (la maladie mentale, les relations mère-fille, les héritages de traumatisme parentaux) est exceptionnellement bien traité, avec en prime, une réflexion sur les hommes assez jolie... !
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E
Il arrive sans doute que l'on pense non seulement avoir tout dit mais aussi que tout l'a été par d'autres.
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