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Sur notre douce,fertile et accueillante terre de France...
Sur notre douce, fertile et accueillante terre de France, tous les ans, devant les cours des préfectures et des sous-préfectures, nous jetons, selon les saisons, des tonnes et des tonnes et des tonnes de pommes de terre, de tomates. Nous jetons des melons, nous jetons des pommes, parfois nous jetons des choux-fleurs, des salades et quelquefois de la fraise. Il nous a rrive aussi de jeter du lait et du beurre. Et quand nous ne jetons pas, il arrive que les abricots ou les cerises ne soient pas récoltées faute de main d'oeuvre, malgré un nombre toujours important de chômeurs, dans telle ou telle région de notre pays en crise. En crise économique ou en crise de sens?
Sur notre douce, fertile et accueillante terre de France depuis quelques années nous nous sommes mis à jeter à l'abattoir des troupeaux entiers de vaches sans prendre la peine de vérifier si toutes sont vraiment malades ou non. Nous avons jeté à l'abattoir des milliers de vaches puis des dizaines de milliers de moutons et dernièrement de volailles.
Nous jetons aussi le plus souvent ce qui tombe en panne car nous dit-on « ça va vous coûter plus cher de le faire réparer ». Réparer un congélateur, un frigo, une télé, une radio c'est pas rentable. Alors on jette et on rachète.
Nous nous jetons aussi entre nous: deux mariages sur trois se terminent par un divorce. Et nous changeons de conjoints commme on change de voitures ou de chemises. Sans doute qu'il est difficile de réparer les couples cassés et que là aussi c'est pas rentable.
Et voilà que maintenant nous nous mettons aussi à jeter des êtres humains: hommes et femmes et enfants jetées à la rue pour x et x...raisons; hommes et femmes et enfants jetés dehors de notre douce, fertile et accueillante terre de France pour x et x...raisons. Sans oublier les hommes et les femmes jetés d'entreprises qui vont bien, jetés au nom du profit immédiat à court terme.
Nous jetons tous les jours un coup d'oeil sur le journal télévisé qui nous montre tout ça. Nous jetons tous les jours un coup d'oeil sur la première page du journal qui en fait sa une. Et le plus souvent nous ne disons rien. Nous nous taisons. Nous jetons l'éponge. Mais « Ne rien dire, de rien écrire, ne rien faire c'est laisser faire ».
Nous jetons un regard critique sur tous ces « politiques » qui ne font rien pour que ça aille mieux et nous nous jetons dans une consommation effraînée de biens matériels et de loisirs pour continuer à garder l'illusion que nous sommes à l'abri à titre individuel de tout ce qui arrive aux autres. Et aux élections nous jetons, pardon nous sortons, les sortants et on recommence la fois d'après et ainsi de suite... Jusqu'à quand? Bien malin qui peut le dire en ce moment.
Mais jusqu'à quand ne serons-nous pas les autres? Notre tour ne va-t-il pas venir un jour prochain de nous faire jeter nous aussi ne serait-ce que par tous ceux et celles que nous aurons laissé jeter sans trop leur manifester aide et soutien?
« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Mais si elle le peut. Notre pays n'a jamais été aussi riche et n'a jamais connu une aussi longue période de paix. Nos terres en jachères sont plus que jamais douces, fertiles et accueillantes.Enfant, on m'avait enseigné que l'opulence est une infamie. C'est toujours d'actualité non? Mais avons-nous la volonté politique de mettre fin au gâchis actuel et à la mauvaise répartiton des richesses dans notre pays? En en avons nous toujours l'exigence morale et spirituelle? Ou bien préférons-nous nous jeter dans la coupe de monde de foot pour oublier tous les sujets qui fâchent?
Notre douce, fertile et accueillante terre de France se portera-t-elle mieux si demain nous jetons tous les immigrés dehors?
Ce ne sont pourtant pas eux qui gouvernent et dirigent notre pays ni les affaires du vaste monde.
Notre douce, fertile et accueillante terre de France se portera-t-elle mieux demain si nous continuons à nous jeter les uns les autres? J'en doute mais, vous qui me lisez, qu'en pensez-vous? Allez vous jeter ce que je viens d'écrire ou le faire lire autour de vous?
André Lugardon.