Certains collègues du primaire pensent que le collège unique c'est une usine à gaz. Les plus vieux qui ont connu les classes de certoch et les cours complémentaires pensent qu'on y a perdu en mettant en place les collèges. Les plus jeunes pensent que la maternelle et le primaire ont évolué et pas le collège. J'ai d'anciens et d'anciennes élèves qui sont aujourd'hui soit en primaire soit en collège soit en Lycée soit en fac en tant qu'enseignants. Je vais un peu les caricaturer mais leur discours parfois peut se résumer à " mais que fait le Lycée, le niveau baisse" ( prof de fac ) " mais que fait le collège, le niveau baisse" ( prof de Lycée ) etc...etc... jusquà la maternelle où ça se termine " mais que font les parents?". Les parents font ce qu'ils peuvent pris souvent dans les tourmentes de la vie d'aujourd'hui. Je trouve que les attaques actuellement contre l'école publique sont très fortes et délibérées. Il faut je pense remonter à la période Pétain pour retrouver une telle volonté de mettre à mal l'éducation nationale. J'aime beaucoup la citation de Georges Sand sur l'école. En voici une de Péguy: «Quand une société ne peut pas enseigner, c'est que cette société ne peut pas s'enseigner.» [ Charles Péguy ] - Pour la rentrée. Il y a aussi une citation de Péguy que je ne retrouve pas dans sa version exacte pour le moment, il faudrait que je vois sur mon disque dur où je l'ai rangée, c'est un petit bout de texte qui dit qu'il n'y a pas de crise à l'école, que les crises à l'école ce ne sont simplement que les crises de la société, des crises de la vie. Des crises de vie. Pour ce qui est du livre de François Bégaudeau si vous avez l'opportunité de le consulter dans sa version Folio (4523) allez directement aux pages 61/62 et à la page 160. Je pense que ce sont les trois pages marquantes de ce livre à méditer si on veut que les choses cessent de se dégrader dans le monde de l'éducation. Il est l'heure de rejoindre le repas de famille de Pâques. Nous sommes douze de 96 ans à 15 mois. Quatre générations autour d'une même table. Bonnes fêtes de Pâques à vous et à ceux qui vous sont chers.
Merci de votre réponse ! Pour tout vous dire, je n'ai pas lu le livre. Mais le film ne m'a pas déplu bien que cinématographiquement il ne vale à mon sens pas une palme. Bégaudeau y prend trop de place et ... et cela me paraît édulcoré, irréaliste sur sa méthode d'enseignement - tout en étant assez réaliste sur les cas de conscience qui se posent (le conseil de discipline, notamment). Le jour de la jupe m'a beaucoup plus émue car j'y ai retrouvé une réalité brute vécue, en toute petite partie, et surtout les tournantes, le racket ... la réalité, quoi. Et l'adulte, perdue, violente, qui veut rester femme alors que ce monde lui interdit, est un personnage crédible, si crédible (mais le dernier tiers du film est un peu long et maladroit)... Ce qui me pose le plus de soucis, aujourd'hui, c'est l'absence d'adultes, parfois. Parents, profs, encadrement - nous peinons tous à suivre, en classe et chez nous, dans la cour de l'école (souvent), dans les escaliers, les couloirs. Souvent nous ne voyons rien, nous sommes totalement "à côté". Notamment en matière d'alcoolisme et de consommation de stupéfiants. Me choque aussi l'instrumentalisation du corps enseignant, la fin de l'école publique comme école de qualité - le tout assorti d'une démotivation de certains d'entre nous qui s'accompagne (où est l'oeuf, où est la poule ?) de celle des élèves qui ne savent plus trop ce qu'ils font là car on les condamne sans cesse, médiatiquement, au chômage. Les parents les angoissent, leur mettent la pression, et l'inverse se produit : il faudrait surtout qu'ils se sentent protégés tout en étant responsabilisés, dans un monde plus juste et plus lumineux, qui renverrait une image positive de leur avenir et de leur potentiel.En fait, c'est dur parfois et sortir de ce métier est encore plus dur car nous n'avons aucune autre qualification et les rectorats n'offrent aucun pont. A vrai dire, tout est fait pour que tout se dégrade mais pour que rien ne bouge - vous voyez ce que je veux dire - même si je le dis mal-.Comme l'écrivait T. Di Lampedusa dans le Guêpard : "pour que rien ne change, il faut que tout change". Et c'est cela que le gouvernement fait, à mon sens. Gesticuler au lieu de prendre à bras le corps les vrais soucis, à commencer par le collège unique qui ne fonctionne plus. Mais comment le supprimer sans renoncer à l'égalité ? Comment le supprimer sans tomber dans le communautarisme ? Vastes problèmes.Voici une citation pour vous !Georges Sand, Mauprat, 1837." (...) le grand problème à résoudre, c'est de trouver l'éducation qui convient à chaque être en particulier. L'éducation générale et en commun semble nécessaire, s'ensuit-il qu'elle doive être la même pour tous ? (...) tout le monde a besoin d'être aimé pour valoir quelque chose, mais il faut qu'on le soit de différentes manières. (...) en attendant qu'on ait résolu le problème d'une éducation commune à tous, et cependant appropriée à chacun, attachez-vous à vous corriger les uns les autres. (... ) en vous aimant beaucoup les uns les autres."
Vous n'avez pas à vous excuser des questions aussi nombreuses. Je ne vais répondre de toute façon qu'à celles auxquelles je peux répondre. Je ne suis pas capable de répondre par rapport aux arborigènes, à leur culture. Pour ce qui est du point de vue psy je ne suis pas un spécialiste non plus. Je suppose qu'un enfant confronté à la guerre, à une catastrophe naturelle aura le même type de dessins s'il appartient à une culture qui utilise la feuille blanche et le stylo feutre? Dans la revue " L'Education enfantine" de Nathan il y a parfois des analyses de dessin faites par un psy. C'est intéressant. Mais je n'ai reçu aucune formation quand j'étais instit pour faire de la "lecture" de dessins. J'ai noté que sur le dessin de la maison des Abruzzes la maison est toute ... noire alors que le reste du dessin est assez coloré et vivant. Je reçois deux ou trois fois par an des dessins d'enfants d'Inde et souvent avant d'avoir lu le texte en version originale traduite ensuite en Anglais j'ai saisi le sens du dessin. La télé, la bande dessinée a-t-elle une influence et standardise-t-elle le dessin? Je ne sais pas à 100%. Mais j'ai envie de répondre oui parce que les enfants que jai eu en maternelle qui arrivaient du Maroc, du Portugal, d'Espagne, de Madagascar dessinaient comme ceux de chez nous. Enfant j'ai grandi sans télé. Elle n'est arrivée que dans les années soixantes dans le village où je vivais alors. Je rêvais en fonction de ce que j'avais lu. Aujourd'hui mes rêves ( et ceux des enfants peut-être aussi ?) sont parfois à base d'images vues " à la télé ". Mais pas toujours. Je suis en train de lire en version livre de poche " Entre les murs" de François Bégaudeau. Je me souviens des commentaires lus sur le blog de Bruno Frappat sur le film tiré de ce livre. Est-ce vraiment pour de vrai sur le terrain comme dans le livre? Bonnes fêtes à vous aussi.
Un bémol à l'universalité : les aborigènes, par ex., ont semble-t-il un langage pictural plus abstrait... idem, sans doute, pour d'autres peuples. Et puis il y a aussi toutes les matières, les supports, qui doivent modifier le sens... sable ici, encre là...Peut-on, en ce cas, encore parler d'un langage universel des enfants que nous comprendrions tous, universellement, parce qu'il éveillerait une reconnaissance automatique, inconsciente, viscérable, en chacun de nous ? L'art brut, en somme ? Ou ces différences sont-elles des limites à l'appréhension/ compréhension?Est-ce que la mondialisation ne change pas, aussi, la manière de dessiner (influence des mangas sur nos chères têtes blondes ?) et par là notre degré de compréhension ?Pardonnez-moi ces questions trop nombreuses et joyeuses fêtes.
Merci.Quand j'ai choisi ces dessins c'est en pensant très fort aux naufragés des Abruzzes dont on enterrait les fils, fille, mari, femme, père ou mère...Les dessins d'enfant sont universels, oui. Et l'émotion qu'ils procurent aussi.Et en écrivant cela, me viennent à l'esprit les dessins que doivent faire les enfants de Gaza, ou d'Irak.Mais comme le disait Clothilde sur un blog de la Croix, l'interprétation des psychanalystes résiste-t-elle aux différences sémantiques et notamment au genre des mots qui varie d'une langue à l'autre ?
Voici un dessin d'enfant des Abruzzes,
publié par Il corriere della sera aujourd'hui.
Mais en voici un autre, témoignage d'encouragement et aussi d'importance de l'amitié
devant le danger qui semble venir d'une vilaine sorcière.
Bonne journée ! Bien cordialement.