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Je voudrais vous parler de ce fait divers survenu hier dans notre département du Sud-Ouest. Un homme d'une quarantaine d'années à tué à coups de couteau de cuisine son enfant de 5 ans .Je ne m'arrête pas souvent sur les faits divers mais celui-ci m'amène à poser quelques questions qui me paraissent cruciales. Cet homme est présenté dans la presse comme étant soigné depuis plusieurs années pour « dépression ». Des experts médicaux vous être désignés pour savoir s'il est pénalement responsable de ses actes .Une fois de plus on va intervenir après les faits, après qu'ait eu lieu le drame . Je me pose la question de la responsabilité des médecins qui connaissaient cet homme. Jusqu'à quel point n'ont-ils pas su prévenir un tel passage à l'acte? N'y a-t-il pas nécessité et devoir quand on soigne un individu de tenir compte du contexte familial et social dans lequel il vit, de prévenir un danger à l'égard des proches? Manque de formation, manque de moyens, manque de courage, manque de temps ? Je pense qu'il y entre autre un manque de dialogue et de concertation entre le corps médical qui se retranche souvent derrière le secret médical et les personnels chargés de la protection de l'enfance en danger (travailleurs sociaux , justice ) . Je travaille dans le secteur de la protection de l'enfance depuis plus de 30 ans, j'ai dû traiter de nombreuses situations d'enfants en danger, maltraités ou délaissés. Je dénonce le fait que ces situations nous sont souvent signalées par les écoles , le voisinage, jamais par les médecins. Pourquoi le corps médical qui intervient lui aussi au sein des familles et qui a donc connaissances de pathologies graves de parents , de négligences graves ou mises en danger à l'égard des enfants n'intervient pas pour que soient prises les mesures nécessaires afin de les protéger? Le corps médical a aussi la qualité de pouvoir poser des diagnostics médicaux qui peuvent donner des indications sur des risques de dangers potentiels encourus par les proches .Les proches sont-ils entendus lorsqu'ils parlent de comportements inquiétants ? Pourquoi les médecins en général ne s'intéressent ils qu'au patient qu'ils soignent et parfois attendent qu'il y ait des faits graves pour appliquer des mesures d'hospitalisation qui auraient pu être décidées plus tôt ? .Je me pose également la question de la responsabilité des pouvoirs publics qui suppriment des lits d'hôpitaux , qui ferment les structures de soins de proximité au lieu de leur donner plus de moyens ,qui ne mettent pas en place une véritables politique de prévention et d'information sur les pathologies psychiatriques , et choisissent de faire une politique de répression en construisant toujours plus de prisons .Tous les enfants de notre pays ne sont pas des enfants rois, loin de là. Combien faudra-il encore de morts d'enfants pour que nous réagissions ?
D.G.
(Parmi les pays de l'OCDE, les taux de suicides sont les plus forts au Japon et en France ,de 15 à 20 pour 100 000 .En France il faut en moyenne 10 à 12 ans et 4 à 5 médecins différents avant que le problème de santé soit nommé pour les maladies dites bipolaires. SOURCE WIKIPEDIA .)