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De la vanité de tenir un blog.

Extraits libres de
De la vanité ” - Montaigne - “Essais
Livre III - Chapitre IX :

“Il n’en est à l’avanture aucune plus expresse, que d’en escrire si vainement. (…) Qui ne voit, que j’ay pris une route, par laquelle sans cesse et sans travail, j’iray autant qu’il y aura d’encre et de papier au monde ? Je ne puis tenir registre de ma vie, par mes actions : fortune les met trop bas : je le tiens par mes fantasies.(…) Mais il y devroit avoir quelque coërcition des loix, contre les escrivains ineptes et inutiles, comme il y a contre les vagabonds et les fainéants. On bannirait des mains de notre peuple, et moy, et cent autres. Ce n’est pas moquerie : l’escrivallerie semble estre quelque symptome d’une société desbordée. Quand ecrivîmes-nous tant, que depuis que nous sommes en trouble ? Quand les Romains tant que lors de leur ruyne ? (…)La corruption du siècle se fait, par la contribution particulière de chacun de nous. Les uns y confèrent la trahison, les autres l’injustice, l’irreligion, la tyrannie, l’avarice, la cruauté, selon qu’ils sont plus puissans ; les plus faibles y apportent la sottise, la vanité, l’oisiveté, desquels je suis.Il semble que ce soit la saison des choses vaines, quand les dommageables nous pressent. En un temps où le meschamment faire est si commun, de ne faire qu’inutilement, il est comme louable.Je me console que je seray des derniers sur qui il faudra mettre la main. Ce pendant qu’on pourvoira aux plus pressans, j’auray loy de m’amender. Car il me semble que ce seroit contre raison de poursuyvre les menus inconvénients, quand les grands nous infestent.”

 

Source photo: http://www.flickr.com

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D
Ce que je peux constater de notre époque actuelle, c'est le besoin intense d'écoute, donc de parler de soi, ses convictions, sa philosophie, en toute humilité ét échanges. Pourquoi tant de blog et de forum sur le Net ? Pourquoi tant de téléphones portables.Tout le monde a un besoin insatiable de communiquer et de partager, alors qu'on évolue dans une société individualiste qui pratique peu la solidarité ou l'altruisme. Je n'y vois donc aucune vanité. Continue jef !
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M
Pour Anne-Mariehttp://www.inegalites.fr/spip.php?article1015
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M
Pour Anne-Mariehttp://www.inegalites.fr/spip.php?article1015
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J
Marie, Anne Marie, merci de vos commentaires. Je n'en ai pas encore terminé la lecture. J'en suis à la moitié. Anne Marie, le document sur la Martinique mériterait, à mon avis,  d'être indiqué à Bruno Frappat.
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A
A voir (ou à revoir) absolument :<br />  <br /> " Les Derniers Maîtres De La Martinique"<br /> (diffusé sur Canal +)  <br />  <br /> <br /> un extrait    http://www.dailymotion.com/video/x8armv_les-derniers-maitres-de-la-martiniq_news<br />  <br /> l'émission complète :<br />  <br />   http://www.dailymotion.com/relevance/search/Les%252BDerniers%252BMa%2525C3%2525AEtres%252BDe%252BLa%252BMartinique<br /> <br />  <br /> Une équipe de «Spécial Investigation» se rend dans les Antilles afin de dresser le portrait de la Martinique d'aujourd'hui. L'île est rongée par les inégalités et les rancoeurs postcoloniales. Les «Békés», héritiers des vieilles familles blanches détiennent 52% des terres agricoles et possèdent 40% de la grande distribution en Martinique. Or, ces «Békés» représentent moins de 1% de la population martiniquaise. Au total, ils ont entre les mains 20% du PIB de l'île. De plus, la première ressource demeure l'exploitation de la banane, dont la main-d'oeuvre travaille dans des conditions parfois difficiles. Et par ailleurs, le taux de chômage dépasse les 21%. <br /> Comment cette situation est-elle vécue sur place ?<br />  <br /> ___________________________________________________________<br />  <br /> Interview de Romain Bolzinger, réalisateur des Derniers maîtres de la Martinique<br />  <br /> « Les Békés sont prisonniers de cette histoire… »<br /> <br />  <br /> Qu’avez-vous présenté aux Békés comme projet pour qu’ils vous ouvrent ainsi leurs portes ?<br /> <br /> Ça ne s’est pas passé comme ça. On voulait faire un reportage sur la Martinique d’aujourd’hui : son économie, sa société, ses grandes figures. Évidemment pour bien comprendre ce qui se passe sur l’île en 2008, il est nécessaire d’ appréhender ses spécificités historiques très fortes ! Je me suis donc d’abord intéressé aux grands patriarches de la communauté béké. Je suis allé voir Eric de Lucy, grand patron de la banane et directeur général du groupe Bernard-Hayot, et j’ai également rencontré Alain Huyghues-Despointes et bien d’autres personnalités non béké. J’ai bien-sûr dit que j’étais journaliste, je leur ai dit que je faisais un reportage sur l’économie de la Martinique et ses grands acteurs. Et que je voulais faire le portrait de ces personnalités qui jouent un rôle dans l’ économie de l’île. Ils jouent un grand rôle et ne s’en cachent pas. Ils voulaient me montrer qu’ils étaient puissants, ils m’ont emmené à l’Elysée, à Bruxelles au ministère de l’agriculture et de l’outremer, partout où ils défendent leurs intérêts économiques… Je ne suis pas venu les voir en leur disant que je faisais un reportage sur la communauté Béké. J’ai essayé de comprendre d’abord qui ils étaient, comment ils fonctionnaient. Et pour cela, il me fallait du temps. On a établi une relation de confiance, ils m’ont longuement exposé les spécificités de leur communauté, ils savaient donc pertinemment que j’allais en parler.<br /> Le travail a-t-il été facile ?<br /> Cela n’a pas été évident. Ils n’acceptent pas facilement que des journalistes s’intéressent à leur histoire. Mais finalement, les questions tabou que je pose sur les Békés et leur histoire, je ne les ai posées qu’à la fin du tournage. C’était à ce moment-là qu’eux-mêmes étaient prêts à en parler. Je dirai même que j’ai senti chez une grande partie des blancs créoles que je rencontrais, notamment dans la famille Huyghes Despointes, le besoin d’en parler. Une envie de s’expliquer, de raconter leur histoire… Ils m’en parlaient tout le temps en off, dès que la caméra était éteinte… Et j’ai l’impression que les Békés sont un peu prisonniers de cette histoire…<br /> Et le film débute avec Bernard Hayot, Eric de Lucy et Charles Rimbaud aux funérailles d’Aimé Césaire. Qu’avez-vous voulu nous montrer ? Une volonté de rapprochement des Békés ?<br /> Je ne sais pas si c’est une volonté de rapprochement parce que quand je leur pose des questions, ils n’ont pas trop envie d’en parler. Ils sont présents aux obsèques, ils veulent que ça se voit. A mon avis, la communauté béké envoie des signaux de réconciliation dès qu’ils en ont l’occasion à la communauté afro-antillaise. C’est très positif, mais seules les grandes personnalités le font. Derrière, les autres se tiennent à l’écart, reclus, et force est de constater qu’aux funérailles de Césaire, on les comptait sur les doigts de la main.<br /> Vous nous présentez une communauté qui truste les richesses. Vous vous en étonnez ?<br /> Ma démarche est de comprendre cette situation et de faire connaître au plus grand nombre de Français une exception historique qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde. C’est simplement surprenant qu’une petite communauté qui a colonisé, qui a réduit en esclavage, qui a résisté à la Révolution  et qui, après l’abolition, a continué à prospérer, continue aujourd’hui de vivre entre eux, même si les békés sont intégrés à la société martiniquaise dont ils sont une émanation directe. Alors tout ça est surprenant et quand on l’apprend, on a envie de comprendre. On s’est mis dans une logique journalistique où l’on ne s’appuie que sur des faits avérés. La vie chère… On n’invente pas !<br /> En montrant une fille avec son chariot dans un supermarché et qui se prive de tout, n’avez-vous pas l’impression d’entretenir l’idée que les békés continuent d’exploiter les descendants d’esclaves ?<br /> C’est un peu vite dit. Les békés n’exploitent personne. D’ailleurs le problème de la vie chère n’est pas un problème béké, il concerne tout l’outremer. C’est une question macro-économique qui concerne tous les entrepreneurs mulâtres, noirs, chaben, béké et métro, ou même chinois ! Maintenant, notre sujet, c’est les grands acteurs de l’île. On raconte l’économie de la Martinique à travers cette communauté qui pèse très lourd dans un certain nombre de secteurs comme l’agro-alimentaire, la grande distribution ou l’agriculture.<br /> Vous revenez sur le chlordécone pour leur faire porter le chapeau aussi ?<br /> Les faits existent. On sait qu’il y avait des relations très ténues entre les bananiers et certains politiques. Malgré une interdiction européenne, 3 ministres successifs autorisent l’utilisation du chlordécone par dérogation pendant trois alors qu’il existe d’autres produits : on ne peut pas faire comme si on ne le savait pas. Mais les Békés ne sont pas responsables à eux tout seul du problème de la contamination au chlordécone dans les Antilles. Il y a des politiques, et l’administration elle-même. Il n’y a pas de commission d’enquête parlementaire, il n’y a eu qu’un rapport d’information…<br /> Le film fait scandale à cause des propos tenus par Alain Huyghues-Despointes. Que lui a-t-il pris de déclencher cet Hiroshima ?<br /> Il a d’abord voulu me montrer quelque chose de peu connu, le fameux arbre généalogique. Et là, il a commencé à me raconter l’histoire. Puis, dans un second temps, au cours d’une interview sur l ‘économie et la société martiniquaise, je lui demande pourquoi les Békés ne se sont jamais métissés. Vous connaissez la réponse qu’il m’a faite… On me montre un arbre où on voit que tous les Békés ont un lien de parenté et où aucun Noir n’est rentré, on demande pourquoi… Je suis journaliste, je pose des questions, il n’y a pas de piège. Et je rappelle qu’il n’y a aucune caméra cachée dans mon film.<br /> Avez-vous conscience que ce film va soulever des passions ?<br /> Ca soulève une autre chose : est-ce que cette question avait déjà été journalistiquement traitée ? Si ça soulève des passions, c’est probablement parce qu’on appuie là où ça fait mal, parce qu’on s’intéresse à une question un peu tabou. Oui, on s’est intéressé en Martinique aux rapports entre les anciens colons et les anciens esclaves.<br /> <br /> <br /> Hors champs<br /> Avant l’interview dans les locaux de TAC Presse, Romain Bolzinger est pendu au téléphone avec José Huyghues-Despointes. Après l’interview, c’est Alain Huyghues-Despointes qui l’appelle… « C’est pire que la bombe d’Hiroshima ! », lance au journaliste l’octogénaire… Le journaliste lui rappelle qu’il a parlé dans les rushes du film « d’hypocrisie ». Mais, Romain Bolzinger, surprenant notre intérêt, ferme la porte et achève sa discussion (longue) dans l’intimité. Eric de Lucy aussi l’a appelé.<br /> <br />  <br /> http://www.fxgpariscaraibe.com/article-27521424.html<br />  <br /> _______________________________________________________________________________________<br /> <br />  <br /> <br /> Neuf intellectuels antillais, ont rédigé ce<br />  <br />  "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité"<br /> <br /> Texte intégral du « Manifeste des neuf » « C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle — à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj — qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé — est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques,d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.Dès lors, derrière le prosaïque du « pouvoir d'achat » ou du « panier de la ménagère », se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires — non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte « d'épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être « consommateur » ou bien être « producteur ». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste.Pour les "produits" de haute nécessitéAlors, quand le « prosaïque » n'ouvre pas aux élévations du « poétique », quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d'achat » ou « le panier de la ménagère ». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les « produits de premières nécessités », d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une « haute nécessité »   Par cette idée de « haute nécessité », nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie. Alors que mettre dans ces « produits » de haute nécessité ? C'est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le « déterminant » ou bien le « décisif » s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses.L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos « présidents locaux » pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs.Contre la logique du système libéral marchandCe mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement...Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du « Marché » et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par « l'esprit colonial » et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain.Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » – chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant.   Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique. On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement. On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile. On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous. On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister. Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale.Quant à l'idée du « plein emploi », elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple « emploi », et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation.Une vision du politique enchantée par l'utopie   Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice.Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s'envisagera en « tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue ». Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création – créaconsommation. En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un « panier de ménagère », mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain. Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau. Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....Alors voici notre vision :Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant....Les signataires :Ernest BRELEURNPatrick CHAMOISEAUSerge DOMIGérard DELVEREdouard GLISSANTGuillaume PIGEARD DE GURBERTOlivier PORTECOPOlivier PULVARJean-Claude WILLIAMSite : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/02/16/neuf-intellectuels-antillais-contre-les-archaismes-coloniaux_1156114_823448.html<br /> <br />  <br /> __________________________________________________________________________________<br />  <br /> Les pieds sur terre - France-Culture<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> émission du lundi 16 février 2009<br /> <br /> La Guadeloupe : c’est en nous ! 1 : <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> L’essence ordinaire d’une grève générale<br /> <br /> <br /> Pour écouter  http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/PIEDS/PIEDS20090216.ram <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> En Guadeloupe, on est plus loin de l’issue de la crise qu’on ne le pensait. Et derrière l’affrontement du moment, un malaise plus profond encore gagne… Depuis plusieurs semaines, supermarchés et pompes à essence n’ouvrent qu’épisodiquement, les files d’attentes s’allongent, il n’y a plus de gaz, les banques de sang appellent à l’aide.Pendant ce temps, la lutte menée par la collectif LKP Liyannaj Kont Pwofitasyon ne faiblit pas et s’étend même à La Martinique voire jusqu’à la Réunion… Dans ce contexte historique pour l’île, Elodie Maillot, reporter pour les PIEDS SUR TERRE est allée à la rencontre des guadeloupéens : professeurs, chômeurs, patrons, fonctionnaires…à l’hôpital, sur les ruines d’un grand hôtel, sur les trottoirs et dans les jardins créoles… Partout où palpite le cœur de la Guadeloupe, reportages au cœur de la lutte et du pays. <br /> Comme chaque jour Marie-Lena, Jacqueline et Eddy se retrouvent au Palais de la Mutualité de Pointe-à-Pitre pour participer aux actions du collectif LKP. Ce matin, il s’agit d’aller fermer un grand supermarché. Entre mobilisation, entraide et « conscientisation », quels sont les ingrédients ordinaires de cette lutte contre la vie chère ?Un reportage d'Elodie MaillotRéalisation : Emmanuel Geoffroy<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> les liens à parcourir<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Site très informé sur le conflit.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> > Site Gens de la Caraïbe<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ________________________________________________________________________<br /> <br /> Chien créole<br /> Le chien créole passe sa journée à driver, à errer en toute liberté, dans les champs de cannes ou dans les rues des Antilles. Sur ses traces...<br /> http://www.chien-creole.blogspot.com/<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> *********************************************************************<br /> pour lire et diffuser ce message  dans son originalité <br /> <br /> <br /> <br /> utiliser la messagerie :<br /> <br /> au format HTLM<br /> <br /> <br />   <br /> pour lire les fichiers en pièces jointes<br /> télécharger gratuitement :<br /> Adobe Acrobat Reader - PDFhttp://www.adobe.fr/<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> **************************************************************************************<br /> <br /> Phrase de Pascal : "L'idée est d'associer le plus grand nombre de citoyen(ne)s à la circulation d'informations souvent peu ou mal diffusées par les médias de masse.<br />  Et ainsi de constituer un réseau informel capable de fédérer nos ressources en tout genre afin d'améliorer sur un mode unitaire notre capacité d'action et de réaction. "<br /> <br />  <br /> Nous diffusons à ce jour vers  plus de 3000 adresses électros sur le limousin et ses départements limitrophes.<br /> Envoyez-nous vos infos militantes, nous les diffuserons gratuitement, <br /> (celles à caractère diffamatoire, raciste, sexiste ou homophobe ne seront pas diffusées)<br />  <br /> Les textes diffusés n'engagent que leurs auteurs.<br />  <br /> Vous pouvez vous désinscrire en nous renvoyant ce message avec pour objet : désinscription<br />  <br /> <br /> Sinon, n'hésitez pas à faire suivre le plus largement possible<br /> Vous pouvez faire suivre ce message au format html.<br />  <br /> <br /> Cordialement, RESEAU 19, réseau militant.<br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 7 pièces jointes — Télécharger toutes les pièces jointes (compressé pour <br /> <br /> <br /> <br />   Français<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> )   Afficher toutes les images  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> fléches.gif2 Ko   Afficher   Télécharger   <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> fléches.gif2 Ko   Afficher   Télécharger   <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> vide.gif1 Ko   Afficher   Télécharger   <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> la martinique-.jpg6 Ko   Afficher   Télécharger   <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> réseau informatique.gif17 Ko   Afficher   Télécharger   <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> GOUADELOUPE - La société civile bouscule la classe politique.pdf93 Ko   Afficher   Télécharger   <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Guadeloupe - un syndicaliste tué par balle.pdf<br /> <br /> <br />
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