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« (…) Âmes sensibles s'abstenir. Pour ce genre d'opérations, les chiraquiens ont l'habitude de laisser leur conscience de côté. A l'approche de l'élection présidentielle de 2002, quatre fidèles du chef de l'Etat sont à la manœuvre: Dominique de Villepin, secrétaire général de l'Elysée, Bertrand Landrieu, directeur de cabinet, Patrick Stefanini, directeur adjoint de la campagne, et Frédéric de Saint-Sernin, conseiller.
L'objectif est triple - il sera intégralement atteint: bloquer la candidature de Charles Pasqua, susceptible d'affaiblir le score de Jacques Chirac au premier tour; permettre à Christiane Taubira (radicale de gauche) de se présenter, pour qu'elle grignote l'électorat de Lionel Jospin; aider Bruno Mégret, pour qu'il gêne Jean-Marie Le Pen, puis qu'il investisse des candidats aux législatives, diminuant ainsi le nombre de triangulaires. «Si nous n'avions rien fait, Chirac aurait-il atteint le second tour?» demande un proche du président.
Des consignes ont été transmises sur le terrain. En Dordogne, département d'élection de Saint-Sernin, une quinzaine de maires ont apporté leur signature à Taubira. Soucieux d'appliquer les ordres, le suppléant de l'actuel secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire a voulu signer pour Mégret. «C'est un peu trop visible!» lui a soufflé Saint-Sernin. Mais c'est bien grâce à l'aide des chiraquiens, qui le reconnaissent désormais, que le président du MNR a dépassé la barre des 500 signatures. En 1981, des amis de François Mitterrand avaient donné un petit coup de pouce à… la gaulliste Marie-France Garaud. (…) »
Source:http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/lepen/dossier.asp