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Cent à cent quarante millions de filles et femmes ont subi des mutilations sexuelles dans le monde. C’est le terrible bilan d’une étude rendue publique par l'Institut national des études démographiques.
6,5 millions de victimes vivent en Europe
Intitulée «Les mutilations sexuelles féminines : le point sur la situation en Afrique et en France», cette enquête précise que plus de 6,5 millions des victimes vivent dans les pays du Nord (Europe principalement), même si les mutilations sexuelles (de l'excision partielle du clitoris à l'infibulation, suture de l'orifice vaginal), sont essentiellement pratiquées en Afrique sub-saharienne et dans certains pays du Proche-Orient et d'Asie du Sud-Est.
Bien que souvent présentée comme «la conséquence d'injonctions religieuses, notamment de l'islam», cette pratique date de «bien avant l'arrivée en Afrique des religions monothéistes et aucun texte religieux ne permet de la justifier», indiquent les auteurs.
Appartenance ethnique
Le principal facteur de risque est l'appartenance ethnique et non la religion, la pratique de l'excision s'inscrivant dans les rites d'initiation et d'entrée dans l'âge adulte dans certains groupes ethniques. Ainsi, au Sénégal l'excision est pratiquée parmi les minorités ethniques (Peul, Toucouleurs, Soninkés, Malinkés) et non chez les Wolofs majoritaires.
En France, l'étude estime à quelque 50.000 en 2004 le nombre de femmes adultes excisées parmi la population immigrée d'origine africaine mais ne se prononce pas sur les mineures, aujourd'hui victimes de cette mutilation dans le pays d'origine.
Chirurgie réparatrice
La chirurgie réparatrice, pratiquée dans une dizaine d'hôpitaux et de cliniques, surtout en Ile-de-France, ouvre cependant la voie à une réversibilité des lésions. Une enquête nationale «Excision et handicap», finalisée à l'automne 2008, permettra de mieux connaître les conséquences sanitaires, sociales et psychologiques des mutilations et débouchera sur des propositions pour la prise en charge des femmes mutilées vivant en France, précise l'étude.
Source: Kambou Sia AFP/Archives ¦ Campagne contre l'excision à Abidjan, le 17 novembre 2005