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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 09:39
Janick Magne, Française résidente au Japon depuis 33 ans et candidate aux élections législatives pour les Français de l’étranger, s’est rendue le samedi 18 février à Futaba, ville-fantôme située à 1,5 km de la centrale de Fukushuma-Daiichi en ruines. Extraits de son témoignage qui circule sur Internet.
" (...) Cette visite de FUTABA et ma rencontre avec divers membres de la famille qui m'a amenée là-bas ont été poignantes. Je me croyais forte, j'ai tenu le choc tant que j'étais avec eux tous, mais ce soir, en rentrant chez moi, je me suis mise à pleurer...
Les images des maisons écroulées, de la chaussée défoncée, de la ville basse en bordure de mer complètement disparue (il ne reste qu'un terrain vague à l'infini),
les os des vaches dans l'étable (les gens pensaient revenir le lendemain, ils n'imaginaient pas que l'évacuation serait sans retour, ils ont laissé les vaches enfermées dans l'étable),
la demi-mâchoire d'une vache dans la boue sur la route (probablement rongée par des chiens errants affamés),
le ventre gonflé d'une autre vache en putréfaction venue mourir sur le bord d'une autre route,
les devantures de magasins démolies,
leurs articles laissés à l'abandon pêle-mêle,
les petits temples traditionnels tout de guingois,
les monuments dans le cimetière en partie renversés,
les rideaux dérisoires qui sortent par des fenêtres cassées et s'agitent au vent glacial de février,
et puis toutes ces belles maisons intactes, récentes, entourées de jardins, dans lesquelles plus personne ne peut revenir vivre parce qu'elles sont contaminées....
Mes amis essayant de récupérer quelques affaires, qu'il leur faut présenter au contrôle pour déterminer si elles ne sont pas trop radioactives pour sortir de la zone... Eux-mêmes munis d'un compteur emprunté quelque part pour vérifier encore une fois... La plupart du temps, les vêtements sont trop contaminés pour pouvoir être emportés. Ces gens pudiques sur leur malheur mais qui ne sourient plus, qui avaient une si belle vie ici, entre forêt, montagnes et océan, aujourd'hui réfugiés dans des préfabriqués minuscules.... Ils avaient des vaches, des maisons, des terres, des rizières...
Pudiques, mais ils se lâcheront tout à l'heure, lorsque, tous réunis autour d'un déjeuner dans un restaurant d'une autre ville, ils me diront :
"Jamais je n'aurais imaginé devenir aussi pauvre."
"J'aurais tellement voulu aider ceux de la ville basse, dont les maisons ont été englouties par le tsunami, les héberger, mais c'était impossible: notre maison est contaminée, plus personne ne peut y vivre."
"Après des mois dans un lycée désaffecté à partager une salle de classe avec d'autres réfugiés, on a réussi à trouver un tout petit appartement, mais on n'a pas de travail",
et puis
"On est loin de la mer, ça nous manque, on a toujours vécu ici."
"On a encore 12 ans de crédit à payer pour la maison, devenue inhabitable.... Le peu d'argent qu'on reçoit, on est obligé de le garder pour payer le crédit.... On n'a plus rien." (C'est un problème fréquent au Japon: les gens continuent de payer les crédits quoi qu'il arrive, même si leur maison est effondrée ou devenue insalubre suite à une catastrophe).
"Ma maison, c'est la maison jaune avec la grande baie vitrée, face à la mer, que tu as vue tout à l'heure. Elle est belle, hein ? Elle est très fortement contaminée, il n'y a plus rien à faire."
En temps normal, après une catastrophe naturelle, les gens s'entraident, nettoient, reconstruisent ensemble, et la vie repart.... MAIS UNE CATASTROPHE NUCLEAIRE N'EST PAS UNE CATASTROPHE NORMALE. Il ne reste que des ruines, des maisons vides et des villes-fantômes, et on ne peut rien faire, rien réparer : ni les routes, ni les toits, ni les murs, ni les cimetières, ni les étables.... Plus de place pour les hommes, plus de place pour leur labeur, plus de place pour leurs animaux ni leurs champs. C'EST COMME SI L'HOMME ETAIT DE TROP.

Quelqu'un qui se retrouve sans rien et dont la vie professionnelle avait toujours tourné autour des centrales m'a finalement dit : "Il faudrait une autre forme d'énergie..." » (...)"

 

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Photo Flickr.

 

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commentaires

André Lugardon/jfsadys. 12/03/2012 19:33


http://lmsi.net/De-quoi-Fukushima-est-il-le-nom

André Lugardon/jfsadys. 12/03/2012 19:33


http://www.article11.info/?Japon-deni-atomique

odile-adrienne 12/03/2012 14:18


Maintenant, on sait !


La seule question qui se pose à chaque pays développé est la suivante :  Avons-nous pris les moyens nécessaires pour pouvoir nous passer à court terme de l'énergie nucléaire ?


Pour la France, la réponse est : évidemment non ! Nous n'avons  pas voulu préparer cette échéance en développant suffisamment les diverses possibilités offertes par les énergies
renouvelables. Les alternatives avec le  charbon ou le  pétrole sont très polluantes et dans le cas du pétrole bientôt  hors de prix.


A court terme il nous est impossible de nous passer de l'énergie nucléaire, et nous sommes obligés d’en  accepter tous les risques…


Notre  prochain gouvernement saura-t-il entamer la décroissance de notre dépendance au nucléaire afin de préparer une diminution des risques au moins pour une époque
 plus ou moins  lointaine ?

Marie 12/03/2012 11:34


http://www.article11.info/?Japon-deni-atomique


http://lmsi.net/De-quoi-Fukushima-est-il-le-nom


deux autres regards complémentaires

André Lugardon/jfsadys. 11/03/2012 23:50


@Fa# oui je pensais qu'après cette deuxième catastrophe nucléaire il y aurait un vrai débat mondial sur le nucléaire  et bien non il n'y en a pas vraiment. Quand ils ont construit la
centrale nucléaire de Golfech ils nous disaient c'est le nucélaire ou la bougie. Et bien maintenant on sait qu'il peut y avoir le nucléaire et la bougie.

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