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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 15:43

La télé me fait peur ainsi que la radio d’ailleurs et parfois aussi certains journaux. Pourquoi ? Parce qu’ils nous donnent des informations chocs qui font peur et que le plus souvent ils n’approfondissent pas  car ils restent dans les faits bruts immédiats et donc incomplets faute de temps pour enquêter et analyser en profondeur.

 

 

 

Lorsque j’entends toutes les chaînes de télé et toutes les stations de radio annoncer la mort de Frère Roger poignardé dans son monastère par une femme soi-disant pas folle j’ai une bouffée de peur soudaine qui m’envahit brutalement. Je me dis sur l’instant et sous le coup de l’émotion mais comment une telle horreur peut-elle arriver dans notre pays ?  Mais qui est réellement cette femme ? Pourquoi un tel geste ? Comment peut-on en arriver là ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Quel est le sens de cette mort ? Quelles en sont les raisons ? Où était Dieu à l’instant où elle a frappé Frère Roger à coups de couteau dans la gorge ? Où étaient ceux qui accompagnaient Frère Roger dans sa vie monastique ? Pourquoi n’y avait-il personne pour le protéger ?

 

 

 

Quand j’entends tout au long de l’été se succéder des annonces de crash d’avions de transport ou de Canadair j’ai peur. Est-ce la loi des séries ? La faute à pas de chance ? Est-ce la volonté divine de nous mettre à l’épreuve et de nous rappeler à notre misérable condition humaine ? Ou tout simplement la conséquence d’une politique ultra libérale qui fait que pour gagner encore plus d’argent on en dépense de moins en moins dans les contrôles techniques des avions ?  Les chaînes de télé, les stations de radio et même parfois hélas les journaux ne donnent pas souvent les raisons des accidents d’avions surtout quand il faut des années d’enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé.

 

 

 

Oui j’ai peur parfois. Et pas tellement pour moi en définitive mais plutôt pour mes enfants et petits-enfants et pour mes parents encore bien vivants. Je n’ai jamais pu faire mienne la phrase de Jean-Paul II : «  N’ayez plus peur ! ». Les mots ne me rassurent pas sur les maux de notre société.

 

 

 

 

 

Je dois enfin  avouer que je n’ai pas peur que de la télé, de la radio et des journaux : j’ai peur aussi de la médecine et de ses progrès fulgurants. Il y a une dizaine d’année un jeune homme que je connaissais un peu est mort à l’âge de vingt ans de la maladie de Creutzfeldt Jakob. Je l’avais vu une fois ou deux jouer au foot dans l’équipe locale de la petite ville où j’habite actuellement. A sa mort sa famille nous a appris que lorsqu’il était enfant des médecins lui avaient fait des piqûres d’hormones de croissance pour le faire grandir. Depuis maintenant treize ans une enquête nationale et internationale est en cours pour déterminer pourquoi certains lots d’hormones de croissance véhiculaient cette terrible maladie mortelle. J’ai bien peur que le procès ne commence jamais. Pourquoi tant de temps pour juger une telle affaire ? Quand le procès aura-t-il lieu ? Aura-t-il lieu un jour ?

 

 

 

 

 

Sans doute que je n’ai pas reçu la grâce de Dieu : je ne sais pas voir les beautés du monde dans lequel nous vivons. Je ne sais pas écrire un article « positif », optimiste, débordant d’espoir et de béatitude. Suis-je malade ? Dépressif ? «  Parano » ? Au lecteur de ce blog à en juger. Je reconnais bien volontiers que la télé c’est aussi un « truc » super, que le monde dans lequel nous vivons peut être vraiment génial quelquefois et qu’il n’est pas loin sans faut comme je viens de caricaturer. D’ailleurs pour bien m’en convaincre je regarde régulièrement « La star académy », « Le maillon faible », « Kho Lanta », « L’île de la tentation », « Bachelor », « Les feux de l’amour », « Qui veut gagner des millions », « Super Nanny » et « Je suis une célébrité sortez-moi de là ! » etc…etc…etc… Mais vous savez quoi ? Ces émissions me font…peur elles aussi !

 

 

 

Alors peut-être que pour aller définitivement mieux encore, pour positiver absolument, pour porter un regard d’espérance sur le monde d’aujourd’hui et de demain je ferais bien tout simplement d’arrêter une bonne fois pour toute de regarder la télé, d’écouter la radio, de lire le journal et de regarder le ciel - avant qu’il ne me tombe sur la tête !

 

 

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15 avril 2006 6 15 /04 /avril /2006 15:29

Bien sûr… il fait bon vivre dans notre pays. Bien sûr nous sommes mieux en ce moment chez nous qu’en Irak, Afghanistan, Palestine et que dans bien d’autres pays du monde. C’est vrai pour la majorité d’entre nous. Mais c’est vrai aussi que pour de plus en plus d’hommes et de femmes et d’enfants vivant sur notre territoire c’est de plus en plus dur. « Les Restos du cœur » sont débordés été comme hiver. L’abbé Pierre et ceux et celles qui l’aident à aider témoignent eux aussi d’un mal vivre et d’un mal être bien réels pour beaucoup trop de monde. Le Secours catholique, le Secours populaire, et de nombreuses autres associations encore nous sollicitent régulièrement, nous exposent des cas qu’ils n’inventent pas et nous demandent à longueur d’années notre soutien, notre aide. S’agit-il encore vraiment dans notre pays d’une « fracture sociale » ou tout simplement d’une régression sociale ? Se poser la question c’est déjà y répondre. Et le texte suivant qui circule sur internet résume bien la situation présente : «  le capitalisme porte en lui la guerre comme le ciel l’orage et pour cela le capitalisme est le meilleur système économique et social au monde et de tous les temps : il apporte le bien être et le plein emploi … aux survivants. » Bien sûr notre pays a traversé bien des crises, bien des guerres, bien des révolutions et ils en traversera d’autres encore. L’Histoire n’est pas arrêtée. Au contraire elle est en marche. Dans trente ou quarante ans les Historiens nous expliqueront en détails et de manière logique ce que nous somme en train de vivre un peu dans le « brouillard ». Mais pour le moment d’où nous vient ce sentiment d’impuissance que nous avons tous plus ou moins les uns et les autres à ne pouvoir agir sur les évènements du monde ? Nous tenons comme une vérité « biblique » le fait que nous vivons en démocratie  et que c’est le meilleur des systèmes ou le moins pire. Soit. Mais que dit « Le Robert » au mot « démocratie ». Tout simplement ce qui suit : « du grec dêmokratia , de dêmos , peuple, et kratein , commander ; doctrine politique d’après laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens ; forme de gouvernement  dans lequel le peuple exerce cette souveraineté. »  Bien sûr chez nous c’est moins pire qu’ailleurs mais tout de même nous sommes bien loin de la définition du dictionnaire dans la réalité de tous les jours. A l’Assemblée Nationale, au Sénat il n’y a pas ou peu de députés, de sénateurs qui soient infirmiers ou infirmières, boulangers ou boulangères, camionneurs, chauffeurs de taxi, maçons, pompiers, charpentiers, plombiers, coiffeurs, coiffeuses, caissiers ou caissières de grandes surfaces, ouvriers, ouvrières, fermiers, fermières  etc … etc… Des pans entiers de la population de notre pays ne sont pas représentés, entendus et n’ont pas la possibilité de l’être vraiment. L’utilisation de l’article 49/3 ce n’est pas l’idéal non plus pour que le peuple exerce sa souveraineté. Trop souvent nous avons l’impression qu’en fait une toute petite centaine d’hommes et de femmes dirigent le pays et un petit millier le monde. S’ils gouvernaient pour le bien de tous il n’y aurait peut-être alors rien à redire. Mais est-ce vraiment le cas ? Nous tenons aussi comme une vérité « biblique » que chez nous les médias sont libres. Bien sûr c’est moins pire qu’ailleurs. Mais enfin à quoi cela nous sert d’avoir des médias libres si nous apprenons qu’il y a un scandale avec le sang contaminé quand le mal est fait ?  qu’il y a un problème avec la vache folle quand le nombre de malades ne peut plus ne pas se voir ? qu’il y a un problème avec le nuage radio actif de Tchernobyl après que nous soyons tous plus ou moins contaminés ? qu’il y a un problème avec Saddam Hussein après quinze ans d’horreurs non dénoncées ? En fait nous vivons devant un mur de bruit médiatique qui nous empêche de nous voir et de nous entendre à tous les sens du mot et qui nous paralyse, nous anesthésie et neutralise toute envie de révolte. Bien sûr ici et là il y a encore quelques îlots de liberté et de contre exemples à tout ce qui vient d’être écrit mais « globalement » tout est fait pour nous réduire à l’infantilisme, au silence, à l’inquiétude, à l’anxiété, à la désillusion, à la peur des lendemains qui déchantent. En fait sous couvert de mondialisation, de progrès, de justice sociale, de réformes soi-disant justes et nécessaires et indispensables et incontournables tout est fait pour que les riches soient plus riches et les pauvres plus pauvres. «  Tant s’en va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ». Cet état de fait  ne durera pas. L’Histoire n’est pas finie. Il y aura encore demain ou après demain des hommes et des femmes qui voudront dire leur mot dans l’organisation du monde à venir. Et qui voudront réellement un monde meilleur et plus humain. Ils n’ont pas encore pris conscience de leur nombre et de leur force mais cela viendra tout ou tard. De toute façon demain leur appartient car l’injustice est un arbre mort encore solide mais sans avenir.

 

 

 

André Lugardon.

 

 

 

 

Notes de lecture.

 

 

 

Le drame tranquille de l'immigration clandestine

Vingt-huit morts, 72 réfugiés : le bilan est lourd pour la centaine de malheureux qui ont essayé de rejoindre la péninsule italienne par mer en partant de Libye. Une catastrophe qui se renouvelle régulièrement

 

 

 

 

 

TERRORISME ET 11 SEPTEMBRE - Le Pentagone songeait à attaquer l’Amérique du Sud

Un haut fonctionnaire de l’administration américaine a proposé, quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, de “surprendre les terroristes” en attaquant l’Amérique du Sud ou l’Asie du Sud-Est au lieu de l’Afghanistan qui, selon lui, “manquait de bonnes cibles”, rapporte l’hebdomadaire américain Newsweek.

 

 

 

 

TÉLÉVISION - Strip-tease et information vont de pair

 

 

“A la fin de son bulletin d’information, Samantha Page, qui travaille pour la chaîne satellite Lucky TV, aura enlevé tous ses vêtements. A chaque nouvelle annoncée, la présentatrice se dénudera un peu plus”, explique The Independent à propos d’un nouveau concept d’informations télévisées qui va bientôt secouer le Royaume-Uni, malgré une mise en garde sur la décence de la part de l’Organisme britannique de surveillance des médias (OFCOM).

 

 

 

 

 

 

( Sources : « Courrier International » d’Août 2004)

 

 

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14 avril 2006 5 14 /04 /avril /2006 08:22

«  (…) Âmes sensibles s'abstenir. Pour ce genre d'opérations, les chiraquiens ont l'habitude de laisser leur conscience de côté. A l'approche de l'élection présidentielle de 2002, quatre fidèles du chef de l'Etat sont à la manœuvre: Dominique de Villepin, secrétaire général de l'Elysée, Bertrand Landrieu,  directeur de cabinet, Patrick Stefanini, directeur adjoint de la campagne, et Frédéric de Saint-Sernin, conseiller.

L'objectif est triple - il sera intégralement atteint: bloquer la candidature de Charles Pasqua, susceptible d'affaiblir le score de Jacques Chirac au premier tour; permettre à Christiane Taubira (radicale de gauche) de se présenter, pour qu'elle grignote l'électorat de Lionel Jospin; aider Bruno Mégret, pour qu'il gêne Jean-Marie Le Pen, puis qu'il investisse des candidats aux législatives, diminuant ainsi le nombre de triangulaires. «Si nous n'avions rien fait, Chirac aurait-il atteint le second tour?» demande un proche du président.

Des consignes ont été transmises sur le terrain. En Dordogne, département d'élection de Saint-Sernin, une quinzaine de maires ont apporté leur signature à Taubira. Soucieux d'appliquer les ordres, le suppléant de l'actuel secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire a voulu signer pour Mégret. «C'est un peu trop visible!» lui a soufflé Saint-Sernin. Mais c'est bien grâce à l'aide des chiraquiens, qui le reconnaissent désormais, que le président du MNR a dépassé la barre des 500 signatures. En 1981, des amis de François Mitterrand avaient donné un petit coup de pouce à… la gaulliste Marie-France Garaud. (…) »

 

 

 

Source:http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/lepen/dossier.asp

 



 

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13 avril 2006 4 13 /04 /avril /2006 11:39

" En l'an 740 avant notre ère, l'armée de Sparte envahit la petite Messénie. Ce fut une guerre acharnée, sans pitié, où les deux petites nations perdirent dans les massacres le tiers de leur population, le reste étant décimé par les famines et les épidémies. Après vingt ans de guérilla dans les montagnes, les derniers Messéniens se rendirent, épuisés. Mais Sparte ne valait guère mieux.


 


  Sur leurs terres ravagées, il s'ensuivit un demi-siècle de paix fourbue, pendant laquelle les deux nations lentement relevaient leurs ruines. "Plus jamais ça!", disaient les survivants, qui conservaient de trop d'horreurs un souvenir atterré. La vie dans l'archipel redevenait aimable et douce. La guerre fut oubliée. Les jeunes nés après elle, et qui n'en avait rien connu, refusaient d'y penser: pour eux c'était le Déluge, la préhistoire. Ils plaisantaient ce qui restait des anciens combattants parce que, borgnes, boiteux ou perclus, ils devenaient vieux et radoteurs.


 


  Il y avait eu, après la saignée, énormément de naissances. La Messénie put se refaire une armée, nombreuse et dynamique. Quand elle fut assez forte, elle trouva l'appui d'Argos et de l'Arcadie et, par surprise, fondit sur Sparte. Ce fut une guerre acharnée, sans pitié, où les deux nations perdirent dans les massacres le tiers de leur population, le reste étant décimé par la famine et les épidémies. Après quelques années de carnages mutuels, les Messéniens, épuisés, durent se rendre. Mais Sparte était ravagée.


 


  Il s'ensuivit un demi-siècle de paix dans l'archipel. "Plus jamais ça!", disaient les survivants qui conservaient de trop d'horreurs un souvenir atterré. La vie redevint aimable et douce. La guerre fut oubliée. Les jeunes, nés après elle et qui n'en avaient rien connu, refusaient d'y penser. Pour eux c'était le Déluge. Ils plaisantaient les radotages des anciens combattants et préféraient commenter, de loin, la révolte des Perses contre les Mèdes, leurs victoires sur l'empire lydien, sur Babylone, sur l'Egypte, sur l'Inde et admiraient ses conquérants farouches. Lesquels fondirent sur eux sans prévenir. Ce fut une belle tuerie. La guerre dura quarante ans, acharnée, sans pitié. Les armées fondaient comme du beurre, ruinant les populations, que décimèrent les famines et les épidémies. A la fin toutefois, les Perses épuisés renoncèrent, vaincus successivement à Marathon, à Salamine et à Platée. Athènes était glorieuse, mais non moins épuisée.


 


  Il s'ensuivit, avec Périclès, vingt ans de paix dans l'archipel. La vie y redevint aimable et douce. On oublia la guerre, ses désastres et ses dévastations. "Plus jamais ça!", disaient encore les vieux, mais les jeunes, qui n'en avait rien connu, refusaient d'y penser et s'en moquaient éperdument. Salamine et Platée, pour eux c'était le Déluge. Ils plaisantaient les anciens combattants - avant de se précipiter, à leur tour, dans une nouvelle tuerie.


 


  Et caetera. Et caetera et caetera.


 


              ( Vercors in "Assez mentir" aux Editions Ramsay )                      ASSEZ MENTIR.    


 


 

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13 avril 2006 4 13 /04 /avril /2006 11:36

En 1969, Pierre Nord, ancien "patron" des services secrets français a écrit dans son livre "L'actuelle guerre secrète":
(...) L'histoire moderne du Moyen-Orient est celle du pétrole et du canal de Suez. L'Iran possède 13% des réserves mondiales de pétrole. C'est pour cette marchandise qu'en 1953, en Iran, la C.I.A fit pour la première fois un roi - ou plutôt le refit - en remettant le Shah de Perse sur son trône. En 1953, le premier ministre iranien Mossadegh, patriote, émotif et imprudent, nationalisa les puits de pétrole. Les U.S.A lui coupèrent les vivres, ce qui l'accula à la faillite. A la fin du mois de Mai, l'aventureux Mossadegh fit du chantage en menaçant les Américains de s'allier aux Russes. La C.I.A prit l'affaire en main en envoyant à Téhéran son spécialiste sur l'Iran, sans oublier de lui ouvrir un compte illimité en dollars. Il s'appelle Schwartzkopf,( oui oui le même que celui de la première guerre du golf avec Bush père), un simple mais bon policier promu général subversif pendant la seconde guerre mondiale, et qui avait à ce titre pratiquement commandé, de 1942 à 1948, la police de l'Iran occupé par les Alliés. Schwartzkopf et ses dollars firent un coup d'état techniquement parfait. Schwartzkopf est un dur et la monnaie américaine est forte. Le 19 Août une manifestation populaire renversa Mossadegh. Depuis ce temps-là, le pétrole iranien coule d'Est en Ouest parallèlement et en sens inverse d'un courant de dollars. Les réserves mondiales de pétrole sont évaluées ainsi, en millions de barils et en pourcentage:
* Amérique du Nord: 42 000 (12,15%) dont 35 400 pour les U.S.A.
* Amérique Latine: 25 170 (7,13%) dont 17 250 pour le Venezuela.
* Europe: 35 250 (9,98%) dont 32 000 pour l'URSS.
* Extrême-Orient: 11 328 (3,21%) dont 9 500 pour l'Indonésie.
* Afrique: 23 049 (6,53%) dont 7 400 pour l'Algérie.
* Moyen-Orient: 215 360 (61%) dont 40 000 pour l'Iran, 60 000 pour l'Arabie Saoudite,
62 500 pour le Koweit. (...) "


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12 avril 2006 3 12 /04 /avril /2006 18:57

 

Les enfants d'aujourd'hui sont des zappeurs. Ils sautent d'une activité à l'autre comme ils changent de chaîne de télé. Ils ont du mal à fixer leur attention. Selon leur milieu social ils sont les enfants de Dorothée ou de Canal J. Ils font toujours l'apprentissage du monde réel avec leurs cinq sens mais au bout de la main il y a la télécommande et au fond de l'oeil le monde magique de la télé, de la console de jeu.

Les enfants d'aujourd'hui sont des "z'ailleurs". Ils passent souvent d'un parent à l'autre, d'un appartement à l'autre, d'une maison à l'autre, d'un véhicule à l'autre, d'une ville à l'autre, d'une école à l'autre, d'une classe à l'autre, d'un maître à l'autre et d'une activité à l'autre.

Les enfants d'aujourd'hui ne sont pas que les enfants de la télé, ils sont aussi les enfants de la civilisation du plastique, du "tout jetable", de la société de consommation. Ils ont des jouets en plastique en abondance.Ils ont des stylos feutres, des bics, des crayons en "pagaille" et des montres en "plastoc". Ils ont des cartables, des trousses, des vêtements en plastique et , aux récréations, de la nourriture sous plastique. Bien sûr cette abondance d'objets fait surtout du mal à ceux qui en sont privés. La société de consommation rend surtout malheureux ceux qui en sont exclus.

Les enfants d'aujourd'hui goûtent à tout du bout des lèvres en croyant que cela leur suffit pour tout connaître. Ils ont des connaissances sur tout. Ils savent des bouts de choses sur tout. Ils sont un puzzle géant toujours en construction. Mais parfois ils sont revenus de tout. Il n'est pas rare d'entendre des enfants de quatre ans déclarer de telle ou telle chose, de telle ou telle situation: "C'est nul!" Les parents s'exclament alors qu'ils sont "trop".

Ils sont "trop" les enfants d'aujourd'hui: trop remuants (parce que trop remués?), trop fatigants, trop désobéissants, trop différents de ce que nous les voudrions, trop pleins de santé et de vie. Ils sont trop dispersés, trop "éclatés", trop "détachés", trop ceci ou cela et pas assez cela ou ceci.

Les enfants d'aujourd'hui ne sont peut-être pas tellement différents des enfants que nous étions. Ils sont toujours ce que les parents, les grands parents, l'école, la société et la vie font d'eux.

Les enfants d'aujourd'hui sont les parents de demain.


 Source photo: flickr

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11 avril 2006 2 11 /04 /avril /2006 20:27

Vous aimez l’humour ? Oui ? Ca tombe bien, parce que j’aime bien rigoler, moi aussi. Et ce ne sont pas les raisons qui manquent, oh, ça non.

Tenez, par exemple, vous la connaissez celle-là ?

"Question : Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, où trouvait-on la plus forte concentration de Juifs ? Réponse : dans l’atmosphère."

Racontée par Woody Allen, voilà une histoire qui est l’exemple même d’une humour qui serait, comme on aime à le rappeler en fin de repas, "la politesse du désespoir". Vous riez peut-être, mais pas de bon coeur. L’histoire contient beaucoup d’humour mais n’est pas vraiment "drôle", n’est-ce pas ? Humez la subtilité. Sentez la nuance.

Maintenant, relisez cette même histoire. Changement de décor. Imaginez : un banquet du Front National. Jean-Marie le Pen annonce à la ronde "j’en connais une bien bonne. Pendant la deuxième guerre mondiale, vous savez où on trouvait la plus forte concentration de Juifs ? Non ?". Ils rient, bien sûr, mais ils rient de bon coeur (première indice). L’histoire a certes de l’humour, mais eux, en plus, ils la trouvent drôle (deuxième indice). Humez la subtilité. Sentez la nuance. Goûtez ce malaise.

On prête à l’humoriste disparu Pierre Desproges la phrase suivante, prononcée lors d’une émission de radio où il se trouvait face à Jean-Marie le Pen : "on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui". Ce qui est en partie vrai - en partie seulement. Dans l’exemple précédent, il serait plus exact de dire qu’on peut rire de tout, mais pas RACONTEE PAR n’importe qui.

Mais le malaise ne s’arrête pas là. Imaginez des protestations formulées par des rescapés des camps d’extermination. Défendrait-on, et avec la même vigueur, la "liberté d’expression" si l’histoire était racontée par Woody Allen ou par Jean-Marie le Pen ?

Plus compliqué encore : et si les dites protestations étaient formulées par une bonne grosse organisation sioniste - genre front bas et ligue de défense ? Se sentirait-on pousser des ailes pour se joindre à leurs protestations ? Epargnez-moi votre réponse, si elle n’est pas honnête.

En résumé, c’est toute une question de "crédibilité", de "priorités" et même de "légitimité", du côté de l’expression comme du côté de la protestation.

C’est comme lorsque George W. Bush prononce le mot "liberté" quarante fois dans un discours de vingt minutes. On se dit, "liberté, c’est bien, mais surtout pas venant de lui". Et soudain, l’idée de "défendre la liberté" aux côtés d’un G.W. Bush m’inspire un ennui profond. Question de crédibilité.

C’est comme lorsque Condoleezza Rice vient en visite en France. Pas de Tribunal Pénal International qui l’attend à la descente de l’avion, oh non, juste des politiciens plus respectables d’un protocole que d’un peuple assassiné. Question de priorité.

Permettez-moi un petit détour. Je me souviens de l’affaire des foulards à l’école. Et oui, rappelez-vous les cris, les débats, les questions posées à l’assemblée nationale, les lois proposées, débattues, votées. Renseignement pris, le phénomène n’aurait jamais dépassé le stade groupusculaire. Il semblerait qu’elles étaient "au maximum" 400 en France. En comparaison, les Renseignements généraux estiment que le nombre de militants et de sympathisants des mouvements néo-nazis se situe entre 2500 et 3500. Sans parler des Raëliens, des Témoins de Jehova, et autres fachos et tordus.

Et pourtant, pour une affaire qui n’aurait pas dû dépasser le stade de quelques lignes de "brèves", la République était censément en danger. Et d’où venait le danger ? D’un traité constitutionnel ultra-libéral ? D’une privatisation effrénée ? D’un réchauffement de la planète ? D’un empire assoiffé de sang et de pétrole ? Que nenni. Elle venait d’une petite bande de gamines armées d’un morceau de tissu sur la tête. Ouf, on a eu chaud. En tout cas, ils se sont bien amusés à nous faire peur et, par la même occasion, à se faire passer pour des remparts contre une barbarie qui est censée être déjà à nos portes mais qui, en réalité, n’a même pas encore commandé son billet sur Internet.

Leur astuce, si je puis dire, consiste à nous sommer de choisir entre deux alternatives irréconciliables. L’intégrisme ou la liberté. Entre l’Amérique (un pis-aller, avec tous ses défauts) ou l’Islam radical. En oubliant toujours des détails tels que celui-ci : Al Qaeda est une création des Etats-Unis. En oubliant que le radicalisme se nourrit des frustrations et exaspérations devant les injustices flagrantes, permanentes et à sens unique.

Ils tablent (inconsciemment ?) sur un réflexe : lorsque le pompier-pyromane montre l’incendie du doigt, les imbéciles regardent les flammes. La conséquence est qu’au lieu d’avoir à choisir entre la "liberté" et l’intégrisme, nous sommes en réalité sommés de choisir entre l’impérialisme (ou ses porte-parole) et les victimes (ou ses représentants désignés par amalgame). Grâce à la proximité culturelle des porte-parole de l’impérialisme (ils s’habillent comme nous, parlent comme nous.), grâce à la familiarité de leurs noms, de leurs visages, grâce à quelques concessions de forme qui nous rassurent, nous sommes enclins à nous identifier à eux, donc à leur "combat". Rien de tel que la trouille pour resserrer les rangs. Quand comprendrons-nous que l’impérialisme et l’intégrisme sont les deux revers de la même médaille ?

Alors quoi ? Alors les caricatures de Mahomet.

Je n’aime pas la religion. Je déteste les intégrismes. Mais ça m’emmerde de défendre la "liberté d’expression" aux côtés de journaux qui ont soutenu la guerre en Irak et pour qui la liberté d’expression s’arrête à quelques encablures de Tarik Ramadan (pas ma tasse de thé, mais c’est un bon exemple). Des journaux qui se feraient empaler plutôt que de publier des articles allant à l’encontre de leur pensée unique. Deux journaux français ont même publié les dessins, histoire de montrer qu’on ne plaisante pas avec la liberté d’expression. Des journaux qui se la jouent "défenseurs de grands idéaux" mais qui s’écrasent, et se sont toujours écrasés, devant les massacres annoncés, les massacres en cours ainsi que ceux à venir. Pardon : qui s’écrasent lorsque les victimes font partie d’une certaine catégorie. Je veux parler de France-Soir [1] et de Charlie Hebdo [2] qui, en bons néo-croisés, ne défendent la liberté d’expression que lorsque celle-ci prend la tête d’une armée en direction de Jérusalem. Avec, quand même, une mention spéciale à Charlie Hebdo et à son rédacteur en chef, Philippe Val qui, toutes libertés d’expression dehors, a vogué sur toutes les guerres impérialistes depuis celle contre la Yougoslavie.

Alors, aujourd’hui, la sacro-sainte liberté d’expression serait en danger (en attendant le prochain danger). Et devinez qui vient nous sauver ? Oh, comme il est pathétique de voir ces hérauts de la liberté d’expression à sens unique sonner des tocsins en carton pour affirmer leur droit de publier des dessins de Mahomet avec ses fesses à l’air (oui, je sais, mais c’est juste une façon de parler). Mais essayez donc de faire publier dans Charlie Hebdo un vrai droit de réponse, juste pour voir.

Le danger venant toujours d’ailleurs (c’est-à-dire pas de Dassault, ni de TF1 ni de Lagardère), il suffit d’ajouter une pincée de Robert "bob" Ménard ("nous défendons la liberté de la presse partout sauf chez nos bailleurs de fonds") et de servir la soupe pendant qu’elle est encore chaude.

Quant aux intégristes, qu’ils soient barbus, coiffés d’une kippa ou couverts d’un foulard Hermès, je les emmerde aussi. Question de principe.

Oui, il faut défendre la liberté d’expression. Celle de la résistance irakienne par exemple, qu’on ne voit pas souvent interviewée. Celle des palestiniens, qui n’ont le droit d’exprimer un choix que lorsque celui-ci sied à leurs geôliers, n’est-ce pas ? Celle des prisonniers/innocents de Guantanamo. Celle des prisonniers/innocents de Bagram, d’Abou Ghraib. Alors, Philippe Val, entre une mère Irakienne qui pleure le dégât collatéral d’une bombe US de 500 kg que tu as indirectement mais goulûment appelée de tes voeux (tout en feignant ne pas le savoir) et ta liberté d’expression chérie à sens unique, disons que tu m’emmerdes, sérieusement. Question de crédibilité.

Quel rapport entre les caricatures, la liberté d’expression et l’occupation de l’Irak ? En apparence, rien. Mais les choses étant ce qu’elles sont, je mettrais bien dans une même cage certains média commerciaux, les intégristes, C. Rice et G. W. Bush. Tous habillés d’orange. Question de priorité.

Comme toujours avec les média, leurs silences sont plus instructifs que leurs agitations outrées. Les vrais barbares des temps modernes, les plus dangereux, ne portent pas la djellaba mais un costume trois-pièces ou un tailleur. Ils ne vivent pas dans une grotte, mais président des conseils d’administration et des conseils de guerre. Ils n’ont pas le teint hâlé, mais des visages pâles. Question de discernement.

Alors, la prochaine fois que les média vous annonceront que les barbares sont à nos portes, ne paniquez pas : c’est juste le livreur de couscous à domicile qui vient de sonner.
Question de pratique.

Viktor Dedaj



Source photo: flickr

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10 avril 2006 1 10 /04 /avril /2006 18:18
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Martine M… vient d’avoir cinquante ans lorsqu’elle annonce un matin à son mari Julien, 53 ans, qu’elle veut divorcer. En un premier temps son mari croit à une crise de couple comme il y en a dans toute vie conjugale. Il pense qu’il s’agit d’une crise sérieuse mais passagère après 28 ans de vie commune. Il temporise, cherche à gagner du temps, propose d’aller voir « quelqu’un » avec qui en parler. Il cherche à discuter absolument avec Martine, à l’assurer de son amour, de son admiration, de son respect pour elle. Il lui demande ce qu’il doit faire pour elle, pour regagner son estime à défaut de son amour. Il lui dit sa douleur de la perdre car Martine n’entend rien : elle persiste et signe la demande de procédure de divorce. Commence alors pour Julien deux ans et demi de dépression nerveuse. Ses enfants, ses collègues de travail, sa famille vont le soutenir et l’empêcher de « couler ». Au travail (dans une grande chaîne de distribution de produits du bâtiment), au club de foot dont il s’occupe, à la chasse, dans sa famille, Julien passe pour quelqu’un de « réglo » et de « sympa ». Bien sûr tout le monde dit et redit qu’« on ne peut pas savoir ce qui se passe dans un couple, qu’il faut vivre vraiment avec quelqu’un pour savoir ce qu’il en est exactement ». Mais dans l’entourage de Martine et de Julien on se demande ce qui a bien pu passer dans la tête de Martine M… pour divorcer ainsi un bon matin de Julien. Elle a du travail dans une banque. Ce n’est pas exaltant mais c’est tout de même moins dur que de faire des ménages, travailler à l’usine ou enseigner en zone d’éducation prioritaire. Elle est propriétaire avec son mari d’une jolie petite maison dans une petite ville sympa du Sud-Ouest pas loin de la montagne, de la mer, de la grande ville universitaire. Ses deux enfants, un garçon de 25 ans et une fille de 22 ans, ont bien marché à l’école et sont pratiquement tirés d’affaires. Ils sont déjà très autonomes, vivent en « couple » et ne se font guère de soucis sur leur avenir professionnel et familial. Pour eux aussi le divorce de leur mère c’est un coup de tonnerre dans leur univers jusque là tranquille et sans histoire. D’autant plus qu’ils sont sûrs que leur mère n’a pas quelqu’un d’autre que leur père dans sa vie. Martine M… ne quitte pas Julien pour un « minet ». Elle le quitte parce qu’elle ne le supporte plus au quotidien dans son lit, dans la salle de bains, dans la cuisine, le salon, dans la voiture etc…etc… Un rejet viscéral, physique qui perturbe beaucoup Julien, le dévalorise et l’éloigne encore plus de sa femme mais aussi des autres femmes. Il y a de la colère en lui contre sa femme, contre les femmes en général pour ne pas s’en prendre à une en particulier, à celle qui le met si mal aujourd’hui. Une fois le divorce prononcé, la maison vendue, les biens partagés Julien se retrouve avec une jolie petite somme d’argent en poche. Il ne pensait pas que leur terrain et leur maison avaient pris autant de valeur. Il la met de côté sur un compte épargne et loue une petite maison toute simple pas loin de son boulot. Le travail, le foot, la chasse, ses enfants, ses parents deviennent son quotidien. Peu à peu il refait surface. Voir, apercevoir Martine, entendre parler d’elle par les amis lui fait de moins en moins mal. Il se demande encore parfois ce qu’il n’a pas fait comme il faut pour « garder » Martine et parfois il dit « j’aurais dû faire ça ou ça et si j’avais fait ça ou ça Martine ne serait pas partie ». Mais le plus souvent il dit aussi «  je ne bois pas, je ne fume pas, je n’ai jamais trompé Martine, je ne l’ai jamais battue, je l’ai aidée à élever nos enfants, j’ai fait de mon mieux avec elle, elle m’a épousé librement, elle a divorcé librement, je n’ai tué personne, je n’ai fait de tort à personne du moins exprès, elle est « c… » d’être partie comme ça sur un coup de tête ». Aujourd’hui le temps a passé. Martine a cinquante cinq ans. Julien approche de la soixantaine. Depuis seize mois une femme de quarante ans vit avec lui, chez lui. Veuve, avec un enfant encore à charge, elle aime le côté sympa, calme, gentil de Julien. Les épreuves de la vie lui ont appris à relativiser beaucoup de choses et à « mettre de l’huile » dans les relations humaines. Les enfants de Julien sont heureux de voir leur père à nouveau bien dans sa peau. Personne ne parle de mariage. Les projets communs se font au jour le jour. Dernièrement Martine m’a confié qu’elle ne supporte pas de voir Julien et leurs enfants communs heureux tous ensemble avec cette femme plus jeune qu’elle, plus jeune que lui. Elle m’a dit aussi que certains jours, certains soirs, certaines nuits elle trouve dur d’être toute seule. Je n’ai osé rien dire. Comme le reste de la famille je me suis demandé une fois encore mais qu’est-ce qui lui est passé par la tête ce jour-là ? Pourquoi ce divorce après tant d’années de vie commune ? N’y avait-il pas moyen de faire autrement ? D’éviter à tout le monde tant de souffrances inutiles ? A quel « démon de midi » a cédé Martine en envoyant tout balader dans sa vie de femme libre ?


André Lugardon.



(120 000, c'est le nombre de divorces prononcés chaque année en France. Mariés entre 24 et 26 ans, la rupture entre les conjoints survient en moyenne après 14 ans de mariage à l'approche de la quarantaine. Par la suite, 87% des enfants vont vivre chez leur mère à laquelle 79% des pères versent une pension alimentaire. Source : http://www.sos-divorce.org/statistiques.htm )





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6 avril 2006 4 06 /04 /avril /2006 20:57

Dimanche 6 mars 2006, 18h32, je roule sur une autoroute du Sud de la France depuis plus d'une heure et j'ai envie de m'arrêter, de faire la pause.Je pense que si je le fais maintenant il y aura moins de monde au restaurant autoroutier que plus tard quand les automobilistes de retour de la neige s'arrêteront pratiquement tous au même moment aux mêmes endroits. J'aperçois les lumières d'une station d'essence, d'un restaurant, d'un libre service au fond de la ligne droite. Ce n'est pas une simple aire de repos. C'est quelque chose d'important où il y a tout ce que l'on peut trouver sur une autoroute. Je ralentis puis à hauteur de la bretelle d'accès je quitte la voie principale et j'avance lentement vers les lumières. Je me gare. Peu de monde sur le parking. "Chouette". Je rentre dans une boutique où il y a un peu de tout. C'est calme . "Chouette". Je "traînaille" un peu pour faire mon choix. Ce n'est pas encore l'heure de pointe. J'apprécie le silence de la pièce. Les serveurs sont relax mais on sent qu'ils se préparent pour le coup de feu de tout à l'heure. Et puis soudain la porte d'entrée claque. Une jeune maman de 25 ans environ entre précipitament avec un petit garçon de trois/quatre ans dans les bras hurlant comme une sirène d'alarme. Tout le monde s'arrête et les regarde. Que se passe-t-il? Un drame? Une catastrophe? Une urgence? Non pas du tout. Le petit garçon à sa mémère devait dormir dans la voiture. " On " l'a réveillé. Il est de mauvais poil. Il le fait savoir. Il hurle et se débat en tous sens dans les bras de sa mère. Il me semble fort capable de marcher tout seul mais sa maman le porte et le cajole, le pouponne. Elle s'efforce de le calmer. Elle lui explique que c'est l'heure de faire la pause et que maintenant c'est bien de s'arrêter parce qu'il n'y a pas beaucoup de monde et que là il va pouvoir manger et boire tout ce qu'il veut mais  lui ... il ne veut rien! Et surtout pas se calmer. Nous sommes quelques uns dans la pièce à nous regarder un instant dans les yeux. Personne ne dit rien et chacun reprend ses activités dans son coin. Le cirque continue. "Petit chéri d'amour" ne veut pas de gâteau ni de chocolat ni de chaise haute ni de jus de fruit. Et maman a beau demander " Mais qu'est-ce que tu veux?" il n'y a toujours pas de réponse. Nous sommes toujours dans le registre "sirène d'alarme"!... Le papa vient de faire son entrée. Il referme la porte. Ouf! Bonne idée car le froid extérieur commençait à se faire sérieusement sentir. J'observe discrètement le père. Va--t-il intervenir? A la main droite il tient un tout petit bout de chien noir bien plus calme que son fils. A la main gauche une malette avec je suppose tout le nécessaire pour changer la couche du gros bébé d'amour à sa maman. Le dialogue entre la mère et son fils se poursuit: " Tu ne veux pas rester là?  Où veux-tu aller?".  Le "petit chef" toujours hurlant montre du doigt une autre boutique qui brille de l'autre côté de la fenêtre. Alors... tout notre monde ressort comme il était entré: dans le bruit et la fureur et... sans refermer la porte. Le petit bout de chien noir les suit docilement au bout de sa laisse rouge. Les pauvres. "Ils" n'ont pas fini d'en "baver". Qu'est-ce que ça va donner quand "chéri d'amour" va grandir? Et que ses exigences vont grandir... Va-t-il continuer dans ce registre là? Où tout cela va-t-il les mener? Papa va-t-il continuer à ne rien dire? à laisse faire? Maman va-t-elle continuer à parler à son fils comme à son amoureux? Va-t-elle continuer à lui passer tous ses caprices? Est-ce que je viens d'avoir affaire à un cas isolé?  Oui sans doute quoique j'ai parfois l'impression qu'il y a de plus en plus d'enfants et de parents comme ça. Qui d'entre nous n'en a pas rencontrés dans le bus, le train, dans les rayons des grandes surfaces, dans la salle d'attente du médecin ou du dentiste? Et parfois même... dans sa propre famille. Oui les temps changent. Les parents, les enfants et les grands parents aussi. Parfois c'est surprenant et un peu déroutant. Ainsi va la vie... André Lugardon



 

Notes de lecture:



 

"L’autorité parentale : la crise!"

(...) " On dit que Madonna, la sulfureuse star du showbizz, se vante d’interdire la télévision à sa fillette. C’est curieux parce qu’elle a, jusqu’ici, fait preuve d’une très grande permissivité mais tout à coup, elle se prononce : " Pour moi, la télévision et l’enfant, c’est non! " " (...)

(...) " Quand on n’a plus à s’occuper de ses  enfants, on peut trouver que les enfants des autres sont mal élevés." (...)

(...) " Parents, vous ne faites pas ce qu’il faut. Si ça continue, votre enfant ne deviendra jamais adulte! " (...)

(...) " Dans  " Les cinquante ans qui ont bouleversé la famille ", on mentionne  " la création du mouvement de libération de la femme " dans les années 60, qui a contribué à remettre en question l’autorité – celle du père, en particulier, qui avait, pendant très longtemps, été considérée comme la représentation en miniature de ce qu’est un état totalitaire. " (...)

(...) " Le tout, tout de suite, témoigne une mère. Le désir immédiatement satisfait, les fringues, les marques. Alors que non : le travail, par exemple, ne sera pas obtenu par le désir puéril mais par la volonté ". (...)

(...) " Les jeunes gens d’aujourd’hui aiment les chevaux rapides. " Horace, poète latin. (...)

(...) " La liberté est-elle devenue liberticide? " (...) " Le trop de liberté tue-t-il la liberté?" (...) " Le trop et le peu gâte le "je" ." (...)

(...) " La société, les institutions, le marché se sont sans doute égarés à donner à la jeunesse plus d’importance qu’elle ne doit en avoir. " (...) " la société marchande a trouvé là souvent matière à parfaire son commerce, son emprise sur les esprits. " (...)

(...) " Esther a 16 ans. Elle aime. Sa mère ne le lui reproche pas mais il y a néanmoins conflit. L’objet n’en est pas, comme naguère, la moralité des jeunes filles. On n’accuse pas Esther de taire ce terrible secret du sexe, la première fois, qui hantait jadis les mères, les pères et les filles. On s’indigne au contraire qu’elle étale avec l’indifférence d’une petite fille une vie privée de presque femme. Est-ce parce que, comme tous les enfants, elle a grandi dans une société de ' on-se-dit-tout-on-ne-se-cache-rien '? Éva, la mère, dénonce en tout cas avec force cet état de voyeurisme auquel de plus en plus d’adolescents veulent contraindre leurs parents. Les premières relations sexuelles des jeunes doivent-elles vraiment être accueillies par la famille? "

(...) " Ce sont les non qui construisent l’enfant. Mais pas n’importe quel non. Pas le non baudruche qui s’enfle de toute la fatigue d’une journée d’adulte et vient se fracasser sur la longue attente d’une journée d’enfant. Pas le non alibi, qui tonne pour le futile et masque une infinité de oui piteux sur les affaires sérieuses. Un non, ça se pèse, ça se mérite, il faut du temps pour le rendre intelligible. ' Un non,  ça ne se galvaude pas, ça n’est pas une vocifération, une crise de nerf. Un non, il faut que ce soit encore de l’amour. "

d'après BOGGIO, Philippe. " Laisse pas traîner ton fils ", Marianne,
22 au 28 février 1999


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