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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 09:41

Dans mon enfance 80% de la population française vivait à la campagne, 20 en ville. Il y avait alors plus de 10 millions de paysans. Ce n'était pas le paradis. Les conditions de vie étaient dures surtout pour les métayers. Aujourd’hui 80% de la population vit en ville. Il y aurait moins de quatre cents mille exploitants agricoles.

 

Les gitans, les roms, les romanichels, les tziganes de mon enfance qui pouvaient faire des travaux saisonniers du type vendanges, ramassage de fruits, tomates, haricots, melons ont été remplacés par les machines à vendanger et les saisonniers polonais. Ils avaient libre accès aux décharges publiques et recyclaient les métaux. Aujourd’hui les déchetteries leur sont d’un accès plus difficile. Ils ont du mal à exercer les petits métiers d'autrefois: rempailleurs de chaises, vendeurs de paniers, rétameurs, rémouleurs. Le tout plastique fait partie désormais de notre vie quotidienne: ça ne se répare pas ça se jette.

 

L’Europe s’est construite sur la libre circulation des biens et des personnes et des capitaux. Veut-on vraiment maintenant une Europe où certains pourront circuler librement et d'autres pas? Les Roms font pourtant partie de l'Europe.

 

 Maintenant qu’il y a tant de personnes qui perdent leur emploi le discours se durcit à nouveau à leur égard. Ils ne sont pourtant pas responsables de la situation actuelle. Quand ils peuvent se sédentariser, scolariser leurs enfants, ils le font du moins pour le plus grand nombre d'entre eux.

 

Aucun d’entre eux n’est maire, député, sénateur, banquier, patron. Aucun ne dirige notre pays, l’Europe. J’espère que l’on va se calmer à leur égard et arrêter d’en faire les boucs émissaires de nos peurs et de nos difficultés.

 

 

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Source photo : Flickr.

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Published by Mathilde Jougla - dans journalperso
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Mathilde Jougla 03/10/2013 20:19


http://oeuvresouvertes.net/spip.php?article524

Mathilde Jougla 03/10/2013 20:17


le ministre de l’intérieur va-t-il entendre cet appel à la mémoire ?


Manuel, souviens-t-en...


Mots clés : roms, manuel valls, jean-claude
lefort, intégration,


 



 


"Quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de
«brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.» Par Jean-Claude Lefort, Député honoraire, Fils de Manouche.


La tribune:


Manuel, tu as déclaré hier soir, sur BFMTV, que la
situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.


Tu as été naturalisé français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu français, il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc
« vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement, de même que je comprends totalement ton souhait de devenir
français. Cela sans l’ombre d’un doute.


Tu avais «vocation» à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms. Celui qui t’écrit, en ce moment, est un
Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en
 Espagne pour combattre le franquisme, les armes à la main, dans les Brigades internationales. Pour
la liberté de ton pays de naissance, et donc celle de ta famille. Il en est mort (1), Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de la Jarama, en 1937. Je ne te
demande aucun remerciement, ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix, quand bien même il a privé ma famille de sa
présence alors que je n’avais que neuf ans et ma sœur, dix-huit.


La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la Résistance
sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à seize ans. Je ne lui reproche aucunement de
ne pas l’avoir fait, bien évidemment.Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la Résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme
et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient «vocation» à retourner ou à rester dans leur pays d’origine, ces «étrangers, et nos frères
pourtant»…


Manuel, «on» a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour
 devenir ou être
membre de l’Union européenne: 
le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député, je
suis allé à Bruxelles, auprès de la Commission, pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figure-toi.


Et aujourd’hui, dans ces pays, la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien «aggravée». Et ils ont «vocation» à rester dans leurs pays ou à y
revenir? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes
sortes? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures, c’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant. Alors toi, l’Espagnol devenu français,
tu ne comprends pas? Fuir son pays, tu ne comprends pas? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a «vocation» à rester ou revenir dans son pays? Sauf si tu es adepte de conceptions très
spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot «race» va disparaître de nos lois. À juste titre car il n’y a pas de races,
juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.


La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux
concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es.
C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»


Pour l’heure, Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour «ça»?


Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus «ces étrangers, et nos frères pourtant».


 

Mathilde Jougla 03/10/2013 20:13


http://oeuvresouvertes.net/spip.php?article524

Mathilde Jougla 02/10/2013 19:59


http://www.romeurope.org/IMG/pdf/20130613_guide_ceux_quon_appelle_les_roms-web-2.pdf

CLEMENT 02/10/2013 10:53


C'est exactement ça : on crstallise sur les roms toutes nos difficultés actuelles, comme s'ils en étaient responsables ! Regardons plutôt du côté de nos gouvernants et des entreprises ce qu'ils
font pour nous sortir du marasme. Orane

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