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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:40

" Mes grands-parents décidèrent alors d'emménager dans un appartement plus petit, car "gâcher des pièces vides, ça ne se fait pas". Je crois surtout qu'ils ne voulaient plus de la vision quotidienne du passé, des chambres pleines de leur mémoire affective. Les lieux sont la mémoire, et bien plus: les lieux survivent à la mémoire. Heureux de leur nouvel appartement, ils avaient presque l'air d'un jeune couple qui débute dans la vie. Mais non, ils débutaient dans la vieillesse. Ils amorçaient leur lutte contre le temps. Je me suis si souvent demandé comment ils passaient leurs journées. Ils ne travaillaient plus, les enfants venaient les voir moins souvent, leurs petits-enfants encore moins. Leur vie sociale aussi se retrécissait, frôlant l'effacement certaines semaines, et le téléphone sonnait surtout pour des tentatives de démarchage. On pouvait être vieux, mais conserver un intérêt commercial."

 

Extrait de " Les souvenirs " de David Foenkinos, nrf, Gallimard,  2011. Page14.

 

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Source photo: Flickr.

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Published by André Lugardon - dans journalperso
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jf 06/10/2011 22:01



http://www.gallimard.fr/rentreelitteraire/DavidFoenkinos.htm



jf 06/10/2011 21:35



Presque tout le livre est fait comme ça, des descriptions de situations où chacune de nous peut se retrouver, retrouver des proches. C'est je crois ce qui fait sa force et son côté très
dérangeant, très déstabilisant. Trois fois j'ai jeté ce livre en me disant "tu vas pas lire ça tout de même, tu vas pas te rendre malade avec ce genre de littérature " et puis la nuit dernière...
je l'ai lu d'une seule traite. Et j'ai pas été malade de la journée. ;+))



Orane 06/10/2011 11:50



Oui, ce texte, qui paraît à la fois d'un autre âge,sans doute par à cause de la réflexion que se fait le grand'père ; et actuel  en ce qu'il est le reflet tout simple d'une tranche de vie,
dont est faite comme un mille-feuille, toute vie. 


Il va raviver bien des souvenirs, chez beaucoup d'entre nous, je crois.


Orane



faup 05/10/2011 22:24



à la lecture des  premières lignes j'ai cru que c'était un hommage à mes arrières grands parents agenais. Dommage.... mais tentant  



Orane 05/10/2011 18:07



Les lieux, Hélas, ne survivent pas toujours à la mémoire. Je pense à ceux de mon enfance, que la guerre a fait disparaître. Alors, on se retrouve empétré avec des images du passé dont on sait
qu'on ne peut plus rien faire, surtout plus faire revivre ; les lieux peu à peu quittent la mémoire avec elle, sans regret.


Orane 



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