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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 10:12

Pour toutes celles et tous ceux qui ont aimé Etienne, pour toutes celles et tous ceux qui ont aimé Annie, le poème ci-dessous:

 

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se lève encore.

Les nuits, plus douces que les jours,
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours,
Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh ! qu'ils aient perdu leur regard,
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;

Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent.

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.
 

 

René-François Sully Prudhomme sur www.poesie-francaise.fr


René-François Sully Prudhomme.

 

 

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Source photo: Flickr.

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Published by Mathilde Jougla - dans journalperso
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CLEMENT 21/08/2013 11:12


Très beau ! Qui nous oblige à croire en la permanence de l'être, au-delà de la mort. Orane

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