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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 19:30

Les 7 et 8 février 1892 est née la Fédération Nationale des Bourses du travail (1) à Saint Etienne. En 1895 Fernand  Pelloutier (2) en devient Secrétaire Général. Le 28 septembre 1895 à Limoges, les délégués de 28 fédérations d’industrie et de métiers, 18 bourses du travail et 126 syndicats autonomes signent par leurs votes l’acte de naissance de la C.G.T.”



Source: http://www.cgtsdis49.fr/telec/histoire.pdf



La naissance du syndicalisme français a été rendue possible par la loi du 21 mars 1884 relative à la création de syndicats professionnels, dite Loi Waldeck-Rousseau (3). Elle est la première loi à autoriser les syndicats en France. Elle met fin à  la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 interdisant les organisations ouvrières, les corporations de métiers, les rassemblements paysans et ouvriers, le compagnonnage.



Les Cahiers de l’institut CGT d’histoire sociale”, sous la plume de Jérôme Beauvisage, ont consacré un dossier à la loi Le Chapelier sous le titre La loi Le Chapelier du 14 juin 1791, fruit amer de la Révolution”. En voici des extraits:



La Révolution française a profondément déblayé les structures sociales de l’Ancien Régime. Les entraves au libre développement du libéralisme économique ont été largement abolies. (...) L’Assemblée constituante adopte, le 8 mai 1790, le principe de l’uniformisation des poids et mesures, ouvrant ainsi la voie à l’unification d’un marché intérieur. Le décret d’Allarde des 2-17 mars 1791 établit, en contrepartie de l’instauration de la contribution des patentes , la suppression de toutes les maîtrises et jurandes (4). La Loi Le Chapelier des 14-17 juin 1791 complète le dispositif en interdisant les assemblées d’un même état ou profession.(...) Le renversement juridique opéré par la Révolution française (...) accompagne et favorise l’essor de la révolution industrielle au cours du siècle suivant. (...) Une masse croissante de travailleurs va connaître les ravages de la paupérisation qui se développe dans le sillage de la grande industrie, alors qu’elle subit les terribles conséquences de la Loi Le Chapelier. Celle-ci, en frappant d’interdit toute coalition ou association, a considérablement freiné le développement des structures de défense et de protection des ouvriers. (...) Pour les ouvriers, les fruits de la Révolution sont amers. La conception de la liberté du travail imposée par les Constituants a sensiblement déséquilibré les rapports entre les patrons et les ouvriers. Ces derniers, désormais privés de toute structure d’entraide ou de résistance, sont à la merci de tous les dérèglements du marché du travail.(...)



Source: http://www.ihs.cgt.fr/IMG/pdf_CIHS117_002-023-BD.pdf



Notes:



(1) bourses du travail: C’était à l’origine un lieu où les ouvriers venaient pour trouver du travail. C’est devenu par la suite un lieu  où se réunissent les différents syndicats de notre pays. On trouve des Bourses du travail dans la majorité  des grandes villes françaises.



(2) Fernand-Léonce-Émile Pelloutier est né à Paris le 1er octobre 1867. Ill est mort dans la même ville le 13 mars 1901. Il avait à peine trente-trois ans à son décès. Il fit  ses études primaires à Paris, chez les Frères de la doctrine chrétienne. Les maîtres infligeaient des corrections sévères qui dégénéraient en véritables mauvais traitements.  Un jour, on trouva dans le bureau de son voisin d’étude une critique écrite violente contre les hommes d’Église  à laquelle il avait largement collaboré. Il devra alors changer d’école et il terminera ses étudesau collège de Saint-Nazaire. Organiser la Fédération des Bourses du Travail fut  l’œuvre maîtresse de sa courte vie.

 

Source:

  http://www.pelloutier.net/dossiers/dossiers.php?id_dossier=127&id_parent=126



(3) Pierre Marie René Ernest Waldeck-Rousseau, né à Nantes le 2 décembre 1846 et mort à Corbeil-Essonnes le 10 août 1904, est ministre de l’intérieur dans le gouvernement de Léon Gambetta lorsqu’il fait voter la loi qui porte son nom.



(4) Sous l'Ancien Régime, on appelait jurande un corps de métier constitué par le serment mutuel que se prêtaient les maîtres : serment d'observer les règlements, mais aussi serment de solidarité et de morale professionnelle.

 

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Source photo: Flickr.





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Published by Mathilde Jougla - dans journalperso
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