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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 09:53

Le bébé, à l'intérieur, est secoué.

Secoué par la marche saccadée, secoué par les chutes, par les bruits assourdissants des avions, secoué par la peur de sa mère, secoué par le refus de sa mère qui n'a pas besoin de ça en plus! Et le bébé, vraiment trop mal dans ce ventre inhospitalier arrive. Peut-être qu'ailleurs ça sera mieux?

La mère n'a eu ni douleurs ni contractions. A six heures du matin, sur une route sans nom, le bébé arrive dans l'affolement de toutes ces bonnes volontés qui ne savent plus quoi faire. Des mains le tirent, le pressent, le poussent. Bébé a le vertige. Bébé est malade. Bébé pleure. Il ne crie pas, il pleure...

Pas de linges propres, pas de berceau... même pas de mangeoire! Pas de tendresse non plus, on n'a pas le temps!

Un camion militaire s'arrête. De jeunes soldats sautent de ce véhicule brinquebalant. On prend la mère, on la soulève car le camion est très haut. Un soldat enlève sa chemise. Une inconnue dépose le bébé sale dans ce linge sale qui a, pourtant, une odeur réconfortante. Le bébé reste muet dans les bras de ce soldat jusqu'aux portes de l'hôpital de Vichy. 

 

 Laure Neychens Koegler dans "Les brouillons d'un enfant", page 14, Editions S.d.E, 2004.

 

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Source photo: Flickr.

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Published by Mathilde Jougla - dans journalperso
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