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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 17:02

" (...) Très  peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. (...)"

 

" Le Très-Bas",  Christian Bobin, page 14, collection folio.

 

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Photo Flickr.

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Published by André Lugardon - dans journalperso
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commentaires

Elisabeth F.-B. 22/12/2010 00:21



Les paroles...


Papa, mon père, parlait peu. Il racontait beaucoup mais il parlait peu. En revanche, il disait souvent "je t'aime". Il nous a dit "je t'aime", à nous, sa famille, jusqu'à la fin. Un jour que je
le quittais avant d'aller au travail, le laissant dans son lit de souffrance, je lui ai dit "je t'aime, papa", devant l'infirmier, qui a paru surpris. Mais en fait, mon père nous a appris à dire
ces mots-là, à les offrir aux proches sans parcimonie, sans aucun tabou, et cela a tissé des liens si précieux que l'autre jour mon fils m'a dit "on voit que tu vas mal, avant tu me disais je
t'aime 40 fois par jour, et là tu oublies de le dire".Et depuis, je lui redis, ayant pris la mesure de l'engagement palpable ainsi transmis.


Et puis, en dehors de cela, il y a cette communication impalpable mais si précieuse, reçue en partage dans la plus grande douleur ; présences, chocolat ou bougie dans un casier de salle des
profs, accolades plus chaleureuses, regards attentifs, masque envoyé du Bénin pour symboliser l'espoir, collègues qui vous ramènent après le travail... mille gestes sans traduction verbale mais
qui disent "nous sommes là, nous sommes ici". J'ai découvert alors que la tendresse existe. Qu'elle sait même se montrer alors qu'elle semble tellement enfouie dans les rapports quotidiens.


La force des liens, tacites ou admis, structure profondément la vie. Et ces mots n'ont pas de fin. Je comprends, fa, ce que vous voulez dire en parlant de votre mari : l'amour trascende,
vraisemblablement, l'absence et nous structure, encore et encore, dans chaque pas quotidien.



André Lugardon 20/12/2010 14:36



Je crois que nous sommes trop nombreux à ne pas nous intéresser à la politique et à laisser faire n'importe quoi. Je dis ça mais j'ai privilégié l'engagement associatif plus que l'engagement
politique.Réussir une vie familiale c'est important aussi.C'est même le plus souvent encore la base, les fondations de toute vie en société.Même si de nos jours c'est parfois un peu chaotique.
Oui un être cher trop tôt parti peut avoir un effet bénéfique sur nos vies.J'ai tendance à croire que ce sont les morts qui nous apprennent à vivre. J'ai commencé la lecture du livre des
proverbes.Bon chemin vers Noël.



fa# 19/12/2010 22:20



Non, non, ton bavardage n'est pas terne du tout. Pour ce qui est de la politique, elle m'intéresse mais je ne suis pas une militante dans l'âme. Ma vie a fait que je n'ai pu m'investir nulle part
ailleurs que dans la vie de famille. Je l'ai déploré à une certaine période, puis m'en suis accommodée. On ne peut pas courir deux lièvres à la fois. Mes filles ont un immense et vrai bonheur à
être ensemble, c'est ma plus belle récompense. Mon mari en serait très, très heureux. Sans doute y contribue-t-il d'une façon inexplicable ...



jf sadys 17/12/2010 13:18



Suite et fin Fa# de mes commentaires à votre premier commentaire. J'ai aimé jouer au rugby, arrière droit, trois quart aile droit. Je n'étais pas un grand joueur. Je n'ai joué qu'en scolaire.
J'ai trouvé que c'était dur et parfois violent. J'ai mesuré combien parfois il y a en nous l'envie de tuer l'adversaire. Je redoutais de jouer sur des terrains gelés durs comme du béton, rugueux
comme du papier verre. J'adorais jouer par mauvais temps, pluie, boue, gadoue qui nivelle les niveaux et qui donne une chance au joueur médiocre de pas être plus mauvais que les autres. J'ai joué
au foot, arrière droit, ailier droit. J'ai trouvé moins dur que le rugby sur le plan affrontement physique mais épuisant à courir en tous sens sans jamais s'arrêter. J'ai mesuré l'envie que l'on
peut avoir parfois de tuer l'adversaire. J'ai trouvé le baskett épuisant. J'ai aimé le hand. Et puis de 1981 à 2009 j'ai eu la chance de pouvoir faire du judo ju jitsu dans un petit club bien
sympa et à dimension humaine. Mon niveau est modeste. Je regrette de ne pas avoir pu reprendre cette année. Je me suis blessé à une épaule en déplaçant une armoire chez ma fille aînée. J'ai aimé
dans le judo la possibilité de mêler nos corps, d'alterner violence et douceur, attaque et défense, contact accepté, contact refusé. J'ai aimé la danse des corps à l'entraînement, l'harmonie du
travail à deux. On ne peut pas progresser en judo sans un partenaire dont il faut tenir compte à chaque instant. Je crains de ne pouvoir reprendre le judo un jour. La vie est faite d'une suite
interminable de renoncements successifs. Je n'ai pas votre expérience et culture de la musique. Je chante depuis la sixième et depuis des années dans la même chorale. J'aime beaucoup quand nous
réussissons des accords parfaits. J'aime quand nos voix sont à l'unisson. J'aime la production collective. Et il semblerait en plus que nous produisons un spectacle qui plait et qui étonne. J'ai
eu la chance dans mes dix dernières années professionnelles de pouvoir faire des stages de formation continue. Je dis bien chance car tous les enseignants n'y ont pas accés et c'est bien dommage.
J'ai eu la chance de faire plusieurs stages sur le langage non parlé avec une prof de fac dont c'est la spécialité. J'ai trouvé ça passionnant. Voilà j'ai été un peu long. J'espère que vous ne
m'en voudrez pas de mon bavardage aussi terne que mon plumage hivernal. ;+)



jf sadys 17/12/2010 11:30



Par rapport à votre premier commentaire Fa#, j'ai envie d'ajouter ce qui suit en faisant un petit détour par la case politique. Lorsque le journaliste d'Antenne 2 nous dit que le procés de
l'assassin de la jeune femme dans le métro pose le problème de la récidive j'aimerais entendre d'autres paroles. Ce qu'il dit est vrai mais ce procès devrait poser aussi le problème de l'absence
d'agents de sécurité dans les trains, les bus, les métros. Nous trouvons normal des surveillants de baignade dans les piscines et sur les plages l'été. Pourquoi n'y aurait-il pas en nombre
suffisant des surveillants dans les moyens de transport? Lorsque deux jours plus tard le même journaliste nous parle de l'accident à un passage à niveau et de jeunes enfants blessés dans le car
qui n'aurait pas dû s'arrêter au beau milieu d'un passage à niveau non gardé j'aimerais entendre d'autres paroles que celles annonçant la mise en garde à vue du chauffeur. Un passage à niveau non
gardé au fin fond de ma forêt landaise c'est pas grave. Un passage à niveau non gardé sur une route où il passe plus de quinze mille véhicules par jour je trouve que c'est criminel. Vous et moi
avons connu un monde où les garde-barrières existaient. Ce n'était peut-être pas un métier exhaltant mais il y avait un logement de fonction et un salaire qui permettaient de vivre aussi bien
qu'un sdf d'aujourd'hui au rmi ou au rsa. J'aimerais parfois entendre de vraies paroles sur le sens du progrès en cours...



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