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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 16:33

Jeanne songeait, sur l'herbe assise, grave et rose ;
Je m'approchai : - Dis-moi si tu veux quelque chose,
Jeanne ? - car j'obéis à ces charmants amours,
Je les guette, et je cherche à comprendre toujours
Tout ce qui peut passer par ces divines têtes.
Jeanne m'a répondu : -je voudrais voir des bêtes.
Alors je lui montrai dans l'herbe une fourmi.
Vois ! - Mais Jeanne ne fut contente qu'à demi.
- Non, les bêtes, c'est gros, me dit-elle.

Leur rêve,
C'est le grand. L'océan les attire à sa grève,
Les berçant de son chant rauque, et les captivant
Par l'ombre, et par la fuite effrayante du vent ;
Ils aiment l'épouvante, il leur faut le prodige.
- Je n'ai pas d'éléphant sous la main, répondis-je.
Veux-tu quelque autre chose ? ô Jeanne, on te le doit !
Parle. - Alors Jeanne au ciel leva son petit doigt.
- Ça, dit-elle. - C'était l'heure où le soir commence.
Je vis à l'horizon surgir la lune immense.


Victor Hugo
1802-1885

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L'éléphant mécanique de Nantes
Source photo Flickr.

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Published by André Lugardon - dans journalperso
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commentaires

Elisabeth F.-B. 04/02/2010 23:42



Ce spectacle, nous l'avons vu à Amiens lors de ses débuts.
Une merveille, une émotion, une énergie, un condensé de tendresse qui rend à nouveau tout petit petit.
Le texte est doux, aussi et rappelle à l'enfance. Merci !



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