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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 15:27

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Source photo: Flickr.

Pour en savoir plus sur la photo clic gauche.  

Pour la rentrée (1904)

« La crise de l'enseignement n'est pas une crise de l'enseignement ; il n'y a pas de crise de l'enseignement ; il n'y a jamais eu de crise de l'enseignement ; les crises de l'enseignement ne sont pas des crises de l'enseignement ; elles sont des crises de vie ; elles dénoncent, elles représentent des crises de vie et sont des crises de vie elles-mêmes ; elles sont des crises de vie partielles, éminentes, qui annoncent et accusent des crises de la vie générales ; ou si l’on veut les crises de vie générales, les crises de vie sociales s'aggravent, se ramassent, culminent en crises de l'enseignement, qui semblent particulières ou partielles, mais qui en réalité sont totales, parce qu'elles représentent le tout de la vie sociale ; c’est en effet à l’enseignement que les épreuves éternelles attendent, pour ainsi dire, les changeantes humanités ; le reste d’une société peut passer, truqué, maquillé ; l’enseignement ne passe point ; quand une société ne peut pas enseigner, ce n’est point qu’elle manque accidentellement d’un appareil ou d’une industrie ; quand une société ne peut pas enseigner, c'est que cette société ne peut pas s'enseigner ; c'est qu'elle a honte, c'est qu'elle a peur de s'enseigner elle-même ; pour toute humanité, enseigner, au fond, c'est s'enseigner ; une société qui n'enseigne pas est une société qui ne s'aime pas ; qui ne s'estime pas ; et tel est précisément le cas de la société moderne. »


 

(Charles Péguy, Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres en prose complètes, tome I)


 

Pour la rentrée (2014)


 

Non  c’e n’est pas  “La  Crise”.  “La Crise” ça n’existe pas. Il y a tout simplement une crise du capitalisme. Une de plus. Qui se traduit par une crise des banques,une crise  de l’emploi, une crise morale, une crise des valeurs, une crise de vie, une crise économique, une crise politique, une crise sociale. Aujourd’hui ,comme  le  15 mai 1891, on peut affirmer: “La richesse a afflué entre les mains d'un petit nombre et la multitude a été laissée dans l'indigence.” ou encore: “Nous sommes persuadés  (...) qu'il faut, par des mesures promptes et efficaces, venir en aide aux hommes des classes inférieures, attendu qu'ils sont pour la plupart dans une situation d'infortune et de misère imméritées.  Le pape Léon XIII, auteur de ces deux citations extraites de son encyclique “Rerum novarum” soulignait aussi  “La soif d'innovations qui depuis longtemps s'est emparée des sociétés et les tient dans une agitation fiévreuse.” Je trouve cette remarque particulièrement d’actualité. A peine avons-nous acheté le dernier téléphone portable qu’il est “obsolète”. Même chose avec les ordinateurs, les voitures, le matériel  HiFi, les consoles de jeux etc...etc....  Nous mêmes nous pouvons avoir l’impression de devenir très vite “obsolètes”  dans ce monde qui ne cesse pas d’aller d’innovations technologiques en innovations technologiques depuis que nous sommes enfants. On peut  très vite se sentir “largué” par le progrès.Quant à l’agitation fiévreuse elle se manifeste dans les chaînes de télés et de radios d’infos en continu;dans le mode de vie des grandes villes: plus de saisons, plus de jours et de nuits. On y vit dans  l’agitation permanente. Il se passe toujours quelque chose de grave quelque part. Nous avons l’impression de vivre sur le fil du rasoir, au bord du précipice, sans  jamais un moment de répit, de silence, de méditation, de réflexion . C’est saoûlant, stressant, épuisant.


 

Et pour en revenir à l’école.


 

J’aimerais qu’elle soit un sanctuaire, un refuge, une oasis de vie  et  de paix où l’on se construit avec et pour les autres. J’aimerais que l’école  soit libre et non  obligatoire. Que l’on y vienne non pas pour apprendre un métier mais  pour apprendre à construire un demain différent de celui qui s’annonce.J’aimerais une école où l’on apprenne à s’aimer et à aimer, à ne pas avoir peur de l’autre. Nous sommes tous embarqués à bord du même vaisseau spatial: la planète terre. Nous survivrons ensemble ou nous périrons ensemble.


 

 


 
 
 

 

 

 

 

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Published by André Lugardon - dans journalperso
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commentaires

André Lugardon 19/04/2014 09:24


@Orane, c'est pas faux ce que tu dis. De mon entrée en 6ième à ma retraite les réformes de l'Education Nationale se sont succédées, elles m'ont souvent laissé "sur ma faim". Je ne veux pas dire
pour autant qu'il ne fallait pas les faire mais j'ai l'impression que l'école dans le monde d'aujourd'hui a du mal à trouver sa place. Et que ça ne date pas d'aujourd'hui. Après je sais que dans
beaucoup d'écoles il se fait beaucoup de choses très intéressantes et que "ça bouge" dans beaucoup d'endroits mais je me demande souvent quelle va être l'école de nos petits enfants?

CLEMENT 18/04/2014 17:46


L'enseignement est peut-être aussi ce que les enseignants en font, non ? Ce serait alors leur formation qui serait à revoir, pour parvenir à cette école idéale dont tu parles. Orane


 


 

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