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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 16:40

Assis sur le poêle, Pacôme, le mari de la cadette, prêtait l'oreille aux caquetages des deux femmes.

- Rien n'est plus vrai, opina-t-il. Occupés que nous sommes, dès notre enfance, à fouiller notre mère la terre, nous n'avons pas le temps de songer aux bagatelles. Notre seul ennui, c'est que nous n'avons pas assez de terre. Ah! si j'en avais assez, le diable lui-même ne me ferait pas peur!

 

Les deux femmes prirent le thé, reparlèrent de toilette, rentrèrent de la vaisselle et s'en furent dormir.

 

Or le diable, de derrière le poêle où il était tapi, avait tout entendu. Il était enchanté que la femme du paysan l'eût pousser à défier le diable, à déclarer bien haut que, s'il possédait de la terre à volonté, le diable lui-même ne lui ferait pas peur.

 

" A nous deux , songeait-il. Je t'en donnerai , de la terre, et c'est par elle que je viendrai à bout de toi."

 

" Faut-il beaucoup de terre à un homme ?", Léon Tolstoï, " Maître et serviteur", Nouvelles et récits, 1886-1904.

 

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Photo Flickr.

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Published by André Lugardon - dans journalperso
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