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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 09:41
 
 
En parlant de la mort et de la souffrance, on touche aux deux grandes peurs ancestrales de l’Homme. Mais en évoquant l’euthanasie, on rajoute deux éléments plus pernicieux : la notion de dignité (parce que non clairement définie) et l’idée qu’il est impossible de lutter contre la douleur de manière efficace. Comme d’autres l’ont déjà évoqué (pas en ces termes certes), la dignité est ramenée à la question de l’utilité, du rapport coût/bénéfice. Je suis persuadé (rassurez vous, je ne parle pas sans aucune expérience) qu’il est possible d’être digne en toute circonstance, sans avoir besoin de mourir pour cela. Je m’explique : notre société individualiste tend à nous rendre « indépendant » (= non dépendant) des autres pour être plus « libre ». Mais l’homme est une animal fait pour vivre en société et surtout en interaction. Lorsque, parce qu’on est vieux ou malade, tous les liens sont coupés, il devient impossible de vivre. la solution est alors de couper le dernier lien qui nous relie à la vie. La souffrance physique peut être rendu supportable par les soins palliatifs qui se développent (il y a plusieurs produits et techniques qui sont disponibles pour contourner les intolérances. je le sais, j’ai essayé), mais pas la souffrance d’être coupé de la vie de la société. En conclusion, je pense qu’il serait plus utile de travailler sur les soins palliatifs et la sociabilisation des personnes fragiles que sur l’euthanasie. C’est plus long et moins immédiat … mais beaucoup plus humain. J’espère ne pas être langue de bois !!
 
 
 
 
 
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Source photo: Flickr.

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Published by Mathilde Jougla - dans journalperso
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commentaires

CLEMENT 07/09/2013 18:55


Bien sur, cette dérive vers une marchandisation est possible ! Je crois qu'il faudrait pouvoir créer une loi, qui accepte l'exception et protègerait le médecin qui donnerait suite à la demande ou
la volonté de son patient. Il faudrait également que ce "service" soit strictement et légalement surveillé... Orane

anne marie 07/09/2013 17:40


ce que prefere nos elites pour nousvoir le teexte d'attalije reve


soyons donc des veilleurs d'humanité





Euthanasie : La controverse Attali












On sait le bruit qui a été fait, récemment, autour de M. Jacques Attali, conseiller économique du
président de la République, qui avait, il y a deux ans, tenu des propos sur l'euthanasie qui sont parfaitement inadmissible.


M. Jacques Attali a prétendu qu'on avait mal compris sa pensée, qu'on n'avait présenté que des
phrases extraites de leur contexte et il a attaqué en diffamation l'auteur d'un tract à ce propos.


La doctrine de M. Attali est pourtant parfaitement claire. On en jugera par les extraits étendus
que nous reproduisons. Ces extraits soulignent bien le vice essentiel du système qui est : l'économisme. La santé et la vie de l'homme sont menacées si l'économisme devient la norme pour
une politique de la santé.


Qu'on en juge.


Marchandisation (1)


« La production de consommateurs et leurs entretien coûtent cher, plus cher encore que la production de
marchandises elles-mêmes. Les hommes sont produits par des services qu'ils se rendent les uns aux autres, en particulier dans le domaine de la santé, dont la productivité économique
n'augmente pas très vite. »
« La productivité de la production de machines, augmente plus rapidement que la productivité relative de la production de consommateurs. Cette contradiction sera levée par une
transformation du système de santé et d'éducation vers leur marchandisation et leur industrialisation. » (p. 265).


Cynisme mis à part


« Mais dès qu'on dépasse 60/65 ans, l'homme vit plus longtemps qu'il ne produit et il
coûte cher à la société. »


« D'où ]e crois que dans la logique même de la société industrielle, l'objectif ne va
plus être d'allonger l'espérance de vie, mais de faire en sorte qu'y l'Intérieur même d'une durée de vie déterminée, l'homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de
santé seront les plus réduites possible en terme de coûts pour la collectivité. Alors appareil un nouveau critère d'espérance de vie : celui de la valeur d'un système de santé, fonction
non pas de l'allongement de l'espérance de vie mais du nombre d'années sans maladie et particulièrement sans hospitalisation. En effet, du point de vue de la société, il est bien
préférable que la machine humaine s'arrête brutalement plutôt qu'elle ne se détériore progressivement. C'est parfaitement clair si l'on se rappelle que les deux tiers des dépenses de
santé sont concentrées sur les derniers mots de vie. De même, cynisme mis à part, les dépenses de santé n'atteindraient pas le tiers du niveau actuel (175 milliards de francs en 1979) si
les individus mouraient tous brutalement dans des accidents de voiture. Ainsi force est de reconnaître que la logique ne réside plus dans l'augmentation de l'espérance de vie mis dans
celle de la durée de vie sans maladie.»


Et plus loin: « l'euthanasie sera un des instruments esentiels de nos sociétés futures
dans tous les cas de figures. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c'est la liberté et la liberté fondamentale c'est le
suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société. Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui
permettront d'éliminer la vie lorsqu'elle sera trop insupportables ou économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique courante. Je pense donc que l'euthanasie, qu'elle
soit une valeur de liberté ou une marchandise, sera une des règles de la société future. » (pp. 274-275).


(1) - Ce texte, comme les suivants, est extrait de l'interview de M. Jacques Attali publié par
Michel Salomon dans son livre "l'Avenir de la Vie" (Segher éd.).


 




CLEMENT 07/09/2013 10:57


C'est sans doute vrai et que c'est cette voie-là qu'il faudrait privilégier. Toutefois, la parole du malade, en toute conscience, doit être entendue aussi. Si ce n'est pas la douleur qui
l'insuuporte, peut-être est-ce tout simplement la vie ! Personnellement, je suis favorable à l'euthanasie demandée, et j'aimerais bien qu'on m'écoute le moment venu... Orane


 

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