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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 09:25

« Ma machine à écrire était posée sur une caisse. Je m’asseyais à même le sol, jambes écartées, ser­rant la caisse entre mes cuis­ses. Dans le cône de la lumière que dif­fu­sait l’abat-jour d’opa­line verte, je ne voyais plus que le cla­vier, mes doigts et ces phra­ses qui, ali­gnées, régu­liè­res, me sem­blaient dic­tées par une voix qui nais­sait dans ma poi­trine et emplis­sait ma bouche d’une salive âcre. Ces mots, collés l’un à l’autre, allaient deve­nir des essais, des livres. Je le savais, je le vou­lais, c’était ça mon vrai destin. Ma “pre­mière vie” n’était qu’une appa­rence. Un jour, je n’aurais plus à donner le change, à appren­dre à faire fonc­tion­ner une frai­seuse, à ajus­ter une queue d’aronde, à subir les sar­cas­mes d’un pro­fes­seur d’ate­lier qui m’accu­sait de n’être qu’un “bon à rien”, un “flem­mard”, un “pré­ten­tieux” qui avec ses grands airs n’était même pas capa­ble de limer en tenant son outil à qua­rante-cinq degrés.Je serais libre. »

« Ne meurent et ne vont en enfer que ceux dont on ne se souvient plus. L’oubli est la ruse du diable. »

Max Gallo.  

 

olivetti

 

Photo jfs

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Published by André Lugardon - dans journalperso
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CLEMENT 08/01/2013 18:02


L'écriture est comme l'amour, quand elle vous prend, elle ne vous lâche plus !


Orane

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