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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 10:26

Instituteur de l'école publique à la retraite depuis deux ans, père de quatre enfants et grand-père deux fois déjà, je m'interroge souvent sur mon parcours professionnel et familial en regardant les parents et les enfants d'aujourd'hui. Je me sens moins " la tête dans le guidon" que lorsque j'étais instit et père. J'essaye de prendre du recul, de la distance, de comprendre l'évolution du monde dans lequel nous vivons. Je ne suis pas sûr de bien saisir toutes les évolutions en cours et de discerner avec justesse de quoi sera fait demain. Je crains parfois que le pire soit à venir et de ne pas être assez "armé" sur le plan intérieur pour l'affronter et d'avoir fait une vie trop douce à mes enfants, de les avoir trop protégés des réalités de la vie.  Bref de leur avoir fait manger le pain blanc avant le pain noir. Je ne suis pas sûr d'avoir été un bon père. Je ne suis pas sûr non plus d'avoir eu vraiment envie de l'être. Je ne suis pas sûr d'être un bon grand père et d'avoir très envie de l'être réellement.

J'avoue aujourd'hui que je n'ai pas fait mieux que mes parents ni que mes enfants qui deviennent de jeunes parents à leur tour. Nous avons été nombreux dans ma génération à vouloir changer le monde. Nous voulions donner à nos enfants une autre éducation que celle qu'avaient reçue nos parents. Que nous jugions alors trop rigides, trop rigoureux, trop exigeants, puritains. Nous affirmions alors que l'éducation qu'ils avaient reçue était trop basée sur l'effort, la souffrance et pas assez sur le plaisir, la liberté, la douceur de vivre. " Peace and love." Nous pensions qu'ils avaient été trop marqués par deux guerres mondiales. Leur «  Si tu avais connu la guerre… » nous agaçait ainsi que leur attachement aux biens matériels,à la nourriture ; eux qui parfois avaient tout perdu dans les bombardements et qui avaient eu si faim jours après jours, semaines après semaines, mois après mois pendant quatre longues années de guerre.

Le monde a changé malgré eux, malgré nous et nous a changé à nous aussi à notre tour. L'autre éducation que nous avons voulu donner à nos enfants est à son tour critiquée aujourd'hui par nos enfants comme nous l'avons fait nous aussi à notre époque avec  celle de nos parents. C'est particulièrement frappant je trouve dans les relations mères-filles. Beaucoup de femmes de ma génération ne voulaient surtout pas d'une vie comme leur mère respective. " Un enfant quand je veux avec qui je veux. Mon ventre m'appartient. " Ce slogan n' était clamé à haute voix que par quelques femmes seulement qui montraient la voie mais trouvait de l'écho chez beaucoup de femmes qui le criaient sans doute moins mais cherchaient à le vivre.

"A travail égal salaire égal" nous semblait aussi une revendication juste. L'autonomie financière, l'accès aux postes de responsabilité, le divorce librement consentie étaient revendiqués comme marques de progrès et d'avancées sociales, d'émancipation de la femme. Remettre en cause l'autorité " de droit divin" du père, du mari, c'était naturellement juste et bon. Quitter la campagne pour aller vivre en ville c'était la voie du bonheur assuré et du progrès, c'était le sens de l'Histoire contemporaine. Quitter sa famille, ne plus rester quatre générations au même endroit, ne plus vivre trois générations sous le même toit, fonder une famille au loin, ailleurs, semblait alors "normal", "naturel", dans l'ordre des choses de l'époque. Les couches culottes, les biberons, les petits pots, le frigo, le chauffage central, l'eau chaude et froide au robinet et les wc dans la maison, l'électricité, la télé, la voiture, la machine à laver, la chaîne stéréo, le presse purée, la moulinette, le robot ménager, voilà ce qui était indispensable au bonheur, à la réussite, à l'épanouissement individuel de tout un chacun.

Les autoroutes du bonheur sans fin s'ouvraient enfin à nous. La prospérité et la paix guidaient nos pas. La société de loisirs et de consommation c’était le paradis sur terre. Une vieillesse heureuse nous attendait. Dans un ciel sans nuage. Dans un monde sans entrave. Et puis patatras voilà qu'à notre tour nous sommes confrontés à des difficultés de toutes sortes comme nos parents en leur temps. Maladies nouvelles et surprenantes, crise économique, crise de valeur, de sens, menaces de guerres, instabilité financière, professionnelle, familiale, le tricot social si bien tricoté depuis la fin de la seconde guerre mondiale  soudain se démaille et la maille file de plus en plus vite. Nul ne sait vraiment de quoi demain sera fait. Nos certitudes s’envolent. La précarité nous menace. Nul n’en est à l’abri pour lui ou pour l’un des siens.

Nos enfants nous jugent, nous critiquent, nous remettent en cause, explorent, cherchent des nouvelles formes de vie qui nous étonnent, nous déroutent, quelquefois nous déstabilisent. Ils vivent parfois dans une précarité le plus souvent non voulue mais nous reprochent notre matérialisme, notre manque de spiritualité, nos divorces, nos fuites, nos petites lâchetés quotidiennes, nos démissions, nos insuffisances. Certaines de nos filles veulent se marier, vivre à la campagne, faire des enfants, les allaiter, rester en congé parental, faire leur jardin, leurs courses au petit marché du coin, cuisiner leurs légumes et leurs volailles, utiliser du papier recyclé, des couches lavables, retaper une vieille maison, restaurer la cheminée, réhabiliter le bon vieux poêle à bois. Se soigner avec des plantes. Jeter aux orties les moyens contraceptifs. D'autres au contraire ne veulent pas d'enfants du tout, pas de responsabilité et pas de plan de carrière pour autant; quelquefois juste un homme à aimer pour toujours et à attendre à la maison à l'abri de tout ; parfois pas d'homme du tout; d'autres enfin vont d'hommes en hommes sans s'attacher, sans "construire " quoique ce soit. Et toutes elles envoient promener leur mère respective. "Mais maman je ne veux surtout pas de ta vie de femme libérée qui a passé sa vie à essayer de concilier tout et son contraire." Il m'arrive de leur dire: " Faites comme vous voulez, c’est votre vie." Et de penser " Vous ferez comme vous pourrez vous aussi …»

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Published by André Lugardon - dans journalperso
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jfsadys 18/02/2010 09:55


Stupéfiant. J'avais déjà lu un petit papier sur Golias critique sur l'évêque de Montauban mais je n'y avais pas attaché trop d'importance et j'en étais resté aux deux de ses homélies qui me
paraissaient très bien et que j'ai mises d'ailleurs sur mon blog. A suivre donc... On dirait que nous vivons une époque où les passions s'exhacerbent de jours en jours un peu partout autour de
nous. Nul ne semble y échapper.


am 17/02/2010 22:30




1 FRANCE TERRE D ASILE PAS POUR TOUS LE MONDE QUELLE HONTE - 17/02/2010 à 21:10


L’évêque de Montauban accepte ce prêtre et veut l’implanter, pour qu’il s’initie à la pastorale, dans un groupe de paroisses rurales comme auxiliaire du curé en place à Reyniés. Quel est
l’élémentaire requis dans un tel cas ? - Loger ce prêtre convenablement, et non dans un logement où il fait 6 degrés par temps de neige. - Lui donner un « curé guide et conseiller » capable de
l’initier au projet pastoral, aux structures, aux personnes, et non « un chef » préoccupé par sa tenue vestimentaire (col romain), qui s’étonne qu’il se rende aux vœux de l’évêque et lui donne
des directives sans échange vrai ni collaboration au quotidien. - Dans ce cas particulier de paroisses implantées sur un territoire très vallonné, lui donner les moyens de se repérer, de
reconnaître les trajets difficiles. - Lui donner une unité d’action au lieu de l’isoler (pas de sonnette chez lui, il faut lui téléphoner pour le voir). - En un mot, l’accueillir. Au bout de deux
mois de cette « cohabitation », le Père Mindou se voit reprocher divers griefs : « Ton insertion pastorale laisse à désirer. Tu as été 2 fois en retard pour célébrer la messe dominicale. La
question de tes études n’est pas encore réglée. Tu n’es pas couvert par notre assurance Tu as extorqué de l’argent à de vieilles dames. » Finalement ce jeune prêtre est informé par le vicaire
général de son diocèse de Brazzaville que l’évêque de Montauban demande son retour « parce qu’il ne fait pas l’affaire » (le père Mindou est interdit de séjour dans le diocèse de Montauban à
partir du 25 janvier). Cette décision est communiquée aux maires des communes intéressées et surtout à son archevêque. Il sollicite alors par écrit, et obtient, une entrevue avec l’évêque. Quand,
selon toute logique, il demande : « Que me reprochez-vous ? » Il lui est répondu : « Ce n’est pas le moment de vider les poubelles, c’est fini, vous partez. » La possibilité ne lui sera pas
donnée de s’expliquer, il ne pourra pas dire au revoir à la communauté ni célébrer une messe avec ses amis, Dans un même temps, ce prêtre étudiant est remplacé, aux mêmes lieux et paroisses par
un jeune prêtre malgache, lequel inflige aux paroissiens la messe en latin, contrairement aux décisions de Benoît XVI. Ce départ sera annoncé très laconiquement : « Communiqué aux paroissiens du
secteur Sainte Anne de son excellence Monseigneur Bernard Ginoux évêque de Montauban : »le Père Alain MINDOU a regagné son diocèse de Brazzaville .Il était venu pour un temps d’études à Toulouse
qu’il n’a pu réaliser cette année. Nous l’accompagnons de nos prières" Or, nous sommes quelques chrétiens qui ont rencontré et soutenu le Père Mindou. Nous l’avons, à saturation, questionné de
près et nous avons acquis l’évidence que les reproches faits sont injustes, pures inventions et odieuses calomnies. Nous n’acceptons pas et nous le disons ici, que notre Eglise soit gouvernée
dans le mensonge. Nous demandons qui est à l’origine de ces faits ? Po


besson fait des emules ah.......le racisme


pourquoi ? Qui a inventé ces calomnies, telles que « il boit ! » et les a répandues ?



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