Dimanche 17 mai 2009

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" Timour est excédé des vols qui sont commis presque chaque jour dans son palais, impunément dans la plupart des cas. Il réunit son conseil dont fait partie Nasr Eddin.

- Voici ma décision, annonce le Boiteux: je vais faire surélever l'enceinte de manière à empêcher tout voleur de s'introduire. Y a-t-il une objection?

Chacun approuve sans réserve. Seul Nasr Eddin ne semble pas très convaincu.

- Holà! bouffon, tu es contre?

- Oui. Moi je pense à l'inverse qu'il faut rabaisser les murs.

- Rabaisser les murs? Tu veux donc ma ruine, imbécile ?

- Au contraire Seigneur. Les voleurs de l'intérieur sont beaucoup plus redoutables que ceux de l'extérieur, il faut leur faciliter la sortie. "

" Subblimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja"  aux Editions Phébus Libretto page 444.
Par André Lugardon - Publié dans : journalperso
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Jeudi 14 mai 2009
Chère Madame,
je vous remercie vivement pour votre courriel du 2 mai 2009. Il est inacceptable que vous soyez punis par le Ministre et la hiérarchie de l’Éducation nationale alors que, par votre décision intelligente et responsable, vous n’avez pas voulu vous rendre complices de la nouvelle forme de maltraitance constituée par le temps de soutien obligatoire après la classe. C’est une prise de responsabilité humaniste et civique qui vous honore. Elle montre la voie pour que les enfants en difficulté ne soient pas encore plus épuisés, démotivés... et finalement
psychologiquement et intellectuellement détruits par la journée la plus longue du monde (six heures de temps contraint pour toutes les classes d’âges de l’école primaire). En effet, vous savez mieux que le Ministre et l’Inspecteur d’Académie les dégâts supplémentaires que constitue un soutien scolaire après la classe pour les
enfants en difficulté, en particulier ceux que l’on enferme sous l’étiquette de l’échec scolaire. Ils viennent s’ajouter aux dégâts générés par l’accroissement de la pression intellectuelle et relationnelle avec le poids augmenté au quotidien de la fréquence et de la durée des apprentissages dits fondamentaux, dans le cadre combiné d’une
semaine ramenée arbitrairement à quatre jours (il faut faire en quatre jours ce qui était fait en quatre jours et demi) et de nouveaux programmes imbéciles. Il n’y a plus de temps de respiration au cours de la journée alors qu’il est indispensable pour que tous les enfants, surtout ceux qui sont en difficulté, puissent récupérer de leurs
fatigues psychologiques et intellectuelles, et restaurer peu ou prou leurs capacités d’attention, de concentration intellectuelle et de traitement de l’information. Il n’y a plus assez de temps pour que les enfants puissent libérer leurs émotions, leurs sensibilités, capacités et intelligences cachées, ainsi que leur imaginaire lorsqu’ils
s’engagent dans les arts plastiques, le chant choral, la narration, la découverte de la nature, les particularités de la vie végétale et animale, l’histoire captivante de nos ancêtres et du monde, les modes de vie dans les différentes cultures humaines... Les enfants apprennent aussi bien le français, ou mieux, au cours de ces temps de
diversification et de découverte que dans les situations d’apprentissage formel et explicite de la langue. Bien évidemment, les enseignants le savent. Si on prend le cours préparatoire comme exemple, aucun enfant de six à sept ans ne peut accepter d’être au quotidien en situation de contrainte intellectuelle et relationnelle pendant deux heures trente minutes pour l’apprentissage du français (10 heures pour la semaine) et une heure quinze pour le calcul et les mathématiques (5 heures par semaine). Les Scandinaves sont horrifiés. À 16 heures, les enfants en difficulté sont épuisés, enfermés dans leurs peurs, blocages et inhibitions, dans leur anxiété, leurs angoisses... surtout lorsqu’ils se projettent dans le retour à la maison alors que leur milieu familial est en souffrance.
Ils le sont déjà au début de l’après-midi ou même, pour les plus fragiles, vulnérables et démunis, dès la fin de la matinée comme le montre l’observation des enfants accueillis dans les écoles de ZEP. Seuls les enfants qui vivent au quotidien dans la sécurité affective, sans déficits de sommeil et sans comportements “perturbés” et/ou
“perturbateurs”, peuvent être suffisamment vigilants, attentifs, réceptifs et disponibles au cours de l’après-midi pour capter et traiter les messages du maître, et ainsi se réaliser comme élèves. Et encore, pas tous les jours selon les fluctuations de leurs équilibres physiologiques, émotionnels, affectifs, sociaux et cognitifs. En imposant sans concertation la semaine de quatre jours, l’augmentation délirante du poids des “fondamentaux” et le soutien accordé après la classe aux enfants en difficulté, le Ministre et la hiérarchie de l’Éducation nationale déshumanisent l’école, accroissent les inégalités et injustices sociales, en conduisant un nombre croissant
d’enfants à s’enkyster dans le “désamour” pour l’école et son rejet, et ainsi plus ou moins progressivement dans la marginalité sociale. Ce “système” aberrant et “concentrationnaire” stigmatise les familles qui cumulent les difficultés personnelles, morales, familiales, sociales et culturelles. C’est une honte pour notre pays... en
principe l’un des berceaux des Droits de l’Homme. Les étrangers que je rencontre ne comprennent pas ce “système”. On n’aurait pas agi autrement si on avait voulu pérenniser une école à plusieurs vitesses dans laquelle les plus fragiles, vulnérables et démunis ne peuvent même pas passer la première vitesse, et s’engager avec confiance dans le désir de comprendre et d’apprendre faute de pouvoir enclencher les vitesses supérieures qui permettent d’accéder aux différents niveaux des savoirs et des connaissances. Le tribunal incontournable de l’Histoire retiendra que l’actuel Ministre de l’Education Nationale, ses conseillers patachons et idéologues, et sa hiérarchie vassalisée ont institué un système de maltraitance, de stigmatisation, de culpabilité et d’exclusion
implicite qui déshonore notre pays et notre nation. Il n’y a jamais eu autant d’Inspecteurs d’Académie révoqués qu’en 2008-2009 alors que leur “faute” a été d’entendre et d’essayer de comprendre la décision et le désarroi
des enseignants. Les informations qui “remontent du terrain” montrent toutes qu’il n’y a jamais eu autant d’enfants épuisés et déboussolés, et aussi d’enseignants exténués, stressés, démoralisés et culpabilisés par les échecs persistants des élèves les plus fragiles, vulnérables et démunis. Les lettres qu’ils adressent à leurs édiles,
souvent le ou la maire, sont pathétiques et souvent bouleversantes. La porte est béante pour la consommation accrue de somnifères, calmants, psychotropes... des enfants, de leurs parents inquiets ou désespérés et de leurs maîtres... qui perdent confiance dans leurs compétences. Les Français sont déjà les plus grands consommateurs de ces molécules ! Par votre refus, vous sauvegardez la dignité de l’école. Merci. Je suis prêt à vous défendre en tous lieux et devant quiconque, y compris devant les tribunaux si une action judiciaire devait être décidée. Vous pouvez diffuser sans retenue tout ou partie du présent courriel.
Bien à vous
Hubert Montagner

LETTRE ADRESSÉE À UNE PROFESSEURE DES ÉCOLES D’INDRE ET LOIRE
Le 5 mai 2009
Par André Lugardon - Publié dans : journaldeclasse
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Mercredi 13 mai 2009
Le livre de la vie est le Livre suprême
Qu'on ne peut ni fermer ni ouvrir à son choix;
Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois,
Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même;
On voudrait revenir à la page où l'on aime,
Et la page où l'on meurt est déjà sous vos doigts.

Alphonse de Lamartine.


Par André Lugardon - Publié dans : journalperso
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Lundi 11 mai 2009
" On ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps..."  (Molière)

" Tu ne meurs pas de ce que tu es malade, tu meurs de ce que tu es vivant". ( Sénèque )

" Philosopher c'est apprendre à mourir".  ( Montaigne )

" La mort n'est rien pour nous puisque tant que nous existons la mort n'est pas et quand la mort existe nous ne sommes plus." ( Epicure )



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Par André Lugardon - Publié dans : journalperso
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Dimanche 10 mai 2009


 Un livre-phénomène de la littérature américaine, voilà ce qu'est Ne Tirez Pas Sur L'Oiseau Moqueur. Prix Pulitzer de 1961, il évoque l'enfance face aux préjugés et à l'injustice.

Maycomb, Alabama, état sudiste. Nous sommes en pleine « Grande Dépression », cette crise économique qui eut pour effet néfaste une paupérisation galopante de la population confrontée à la ruine. Jem et Scout sont en vacances. Fils et fille d'Atticus Finch, notable et avocat local, la vie est douceur et plaisir, surtout à cette époque de l'année. Jem est un petit garçon désinvolte, aimant les défis. Scout est un garçon manqué, enfant bagarreuse qui dévire tous les livres qui tombent sous la main. Tous deux se révèlent être intelligents, astucieux et espiègles, ce qui les embarquent dans des situations pour le moins cocasses.Ils se lient d'amitié avec Dill, enfant bravache, qui cache sa tristesse d'être orphelin.

L'imagination de cette petite bande est avivée par le mystère enveloppant la famille Radley, dont le fils « Boo » aurait tenté de poignarder son père et vite depuis reclu chez lui sans donner signes de vie ... Ils se lient d'amitié avec Dill, enfant bravache, qui cache sa tristesse d'être orphelin. L'imagination de cette petite bande est avivée par le mystère enveloppant la famille Radley, dont le fils « Boo » aurait tenté de poignarder son père et vite depuis reclu chez lui sans donner signes de vie ...
Arrive alors pour Jem le temps de la raison. Désormais il doit agir en « monsieur » tel que son âge l'exige. Quant à Scout, elle découvre avec stupéfaction lors d'une intercade (?) avec son cousin que son père serait un « ami des nègres » ... En effet Atticus a été commis d'office pour défendre Tom Robinson, serviteur Noir, accusé d'avoir violé une jeune femme blanche. Dès lors l'univers des deux enfants bascule, confrontés aux rumeurs, aux préjugés et au mal.

 

Livre-phénomène publié en 1961, lorsque la lutte pour les civil rights (1) battait son plein, 100 ans après l'abolition de l'esclavage, Ne Tirez Pas Sur L'Oiseau Moqueur, l'est à plusieurs points de vue : seul et unique (?) ouvrage d'Harper Lee, il est considéré comme un livre fondateur de la littérature américaine (2)

Mais ce qui fait la richesse de cet ouvrage, c'est l'universalité de l'enfance qui y est dépeinte. Harper Lee a su restitué les tumultes et tempéraments de la jeunesse avec sincérité et justesse. Justesse de l'écriture qui trouve les bons mots, et sincérité qui donne le chapitre à Scout, narratrice et certainement double littéraire de Lee. Lee ne trahit pas ou ne travestit pas les propos de cette enfant : au fur à mesure que Scout grandit, son raisonnement et sa rhétorique évoluent et se reflétent à travers une écriture vive et limpide, par moments drôle, pinçante ou cruelle comme peuvent être les enfants. Vraie ou fausse autobiographie ? Harper Lee a toujours démenti que ce soit son autobiographie. Pourtant Scout et elle enfant sont semblables par leur goût de la lecture et leur caractère frondeur, Maycomb ressemble trait pour trait à Monroeville, cité qui a vu grandi Lee, Atticus est inspiré par son père, Dill représentre Truman Capote, et l'affaire Scottsboro (3) a inspiré le drame de Tom Robinson ... Mais les points divergents sont également nombreux, peut-on alors qualifier Ne Tirez Pas Sur L'Oiseau Moqueur d'une autofiction avant l'heure ?

Bien que datant de 1961, ce livre est toujours d'actualité, notamment aux Etats-Unis, où il fait l'objet d'attaques pour être retiré du programme scolaire des lycéens ... au même titre que Leaves Of Grass (4) , recueil de poèmes de Walt Whitman ou Les Aventures d'Huckelberry Finn de Mark Twain.

Avis aux cinéphiles ! En 1962, Ne Tirez Pas Sur L'Oiseau Moqueur a fait l'objet d'une adaptation cinématographique, intitulée Du Silence et Des Ombres (To Kill A Mockingbird), avec Grégory Peck en Atticus Finch, Robert Duvall en « Boo » Radley. Elle a été couronné de trois Oscars.

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Par André Lugardon - Publié dans : journalperso
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Mercredi 6 mai 2009
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Mais qu'est devenue Lee?

par Michel Grisolia
Lire, février 2005

 La romancière la plus lue des Etats-Unis a écrit un seul livre en 1960. Depuis, plus rien. Explications.

La femme invisible existe, même si personne ne l'a plus rencontrée depuis quarante ans. Elle s'appelle Harper Lee et elle est l'auteur d'un unique roman, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, livre-culte dès sa parution en 1960. Si miss Lee est la fille littéraire de Faulkner pour la puissance tragique de son inspiration, elle s'apparente au Salinger de L'attrape-cœur par sa volonté d'anonymat. Elle est née en 1926 à Monroeville (Alabama), où elle vit toujours. Vendu à plus de trente millions d'exemplaires, son admirable roman fut un best seller dans le monde, à l'exception de la France; il y fut pourtant traduit deux fois déjà, chez Seghers dans les années 1960 et vingt ans plus tard chez Julliard. Espérons que la troisième édition sera la bonne.

Lorsqu'on demande aux Américains quels ouvrages ont transformé leur vie, le roman de Harper Lee vient en deuxième position tout de suite après la Bible et un sondage récent a désigné Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur comme un des trois plus grands romans du siècle.

Devenir un auteur de best-seller ne fut jamais l'ambition de Harper Lee. La romancière ne désirait qu'être, au mieux, la Jane Austen du comté. Dès l'adolescence, elle se rêve écrivaine. Après des études de droit, elle entre dans une compagnie aérienne où elle s'occupe des réservations. Les jours de congé, elle écrit. En 1957, le mot «fin» apparaît au bas du volumineux manuscrit: «Ce n'est pas un roman, plutôt un recueil de nouvelles», décrète l'éditeur à qui elle l'a montré. Deux ans de retravail et Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur paraît. Succès critique et public immédiat. L'année suivante, le roman obtient le prix Pulitzer. «J'adore écrire, et j'ai d'ailleurs déjà commencé un autre roman, déclare Harper Lee en 1964. J'espère seulement que chacun de mes prochains livres sera meilleur que le précédent, et non pas pire.» Aime-t-elle trop écrire? Jusqu'au vertige, jusqu'au blocage? Ses commentateurs l'ont suggéré. Car elle n'a plus jamais publié ni roman ni nouvelles, juste une poignée d'articles sur l'amour ou les guerres indiennes. Et rien ne lui est plus désagréable que l'évocation devant elle de son Oiseau moqueur. «Je crois avoir dit tout ce que j'avais à dire», a simplement confié cette Margaret Mitchell moins convenable, qui aurait eu à la fois du génie et le souci des droits civiques des Noirs et des minorités, comme en témoigne son roman.

Par André Lugardon - Publié dans : journalperso
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Dimanche 3 mai 2009


Van Gogh

" Assurément l'imagination la plus riche ne peut se représenter de félicité plus complète que celle de deux jeunes amants,qui, après une longue attente, se trouvent seuls loin des jaloux et des curieux, en mesure de se conter à loisir leurs souffrances passées et de savourer les délices d'une parfaite réunion. Mais le Diable trouve toujours le moyen de verser sa goutte d'absinthe dans la coupe du bonheur. Johnson a écrit, mais non le premier, et l'avait pris à un Grec, que nul homme ne peut se dire: Aujourd'hui je serai heureux. Cette vérité reconnue, à une époque très reculée, par les plus grands philosophes est encore ignorée par un certain nombre de mortels et singulièrement par la plupart des amoureux. "

Prosper Mérimée             ( " La chambre bleue" )
Par André Lugardon - Publié dans : journalperso
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Vendredi 1 mai 2009
Lettre aux prêtres du diocèse de Montauban. Pour voir la lettre.



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Par André Lugardon - Publié dans : journalperso
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Jeudi 30 avril 2009
" Mieux vaut être chrétien sans le dire que le dire sans l'être."

Ignace d'Antioche dans " Au nom des pères" de Pierre Prigent, édition Olivétan, page 169


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Par André Lugardon - Publié dans : journalperso
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Mercredi 29 avril 2009
Serge Ravanel est mort, dans la nuit de dimanche à lundi, à l'âge de 88 ans. Cet "excellent chef de guerre", selon Jean Lacouture, fut un grand résistant qui s'illustra notamment dans la région de Toulouse. Homme de gauche, il était Compagnon de la Libération. Ses obsèques ont eu lieu, hier, dans la Cour d'honneur des Invalides.


Source photo et pour en savoir  plus.
Par André Lugardon - Publié dans : journalperso
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