... sont mauvais. Soyons bons." ( Saint Augustin). Cité par Yvan Levaï dans sa revue de presse sur France Inter ce matin à 8h31.

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« Une si longue lettre » est une oeuvre majeure, pour ce qu'elle dit de la condition des femmes. Au coeur de ce roman, la lettre que l'une d'entre elle, Ramatoulaye, adresse à se meilleure amie, pendant la réclusion qui suit son veuvage. Elle y évoque leurs souvenirs heureux d'étudiantes impatientes de changer le monde, et cet espoir suscité par les Indépendances. Mais elle rappelle aussi les mariages forcés, l'absence de droits des femmes. Et tandis que sa belle-famille vient prestement reprendre les affaires du défunt. Ramatoulaye évoque alors avec douleur le jour où son mari prit une seconde épouse, plus jeune, ruinant vingt-cinq années de vie commune et d'amour. La Sénégalaise Mariama Bâ est la première romancière africaine à décrire avec une telle lumière la place faite aux femmes dans sa société. »
Extrait du dos de page de l'édition groupe Privat/Rocher, 2005.
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« Aïssatou,
J'ai reçu ton mot. En guise de réponse, j'ouvre ce cahier, point d'appui de mon désarroi: notre longue pratique m'a enseigné que la confidence noie la douleur. Ton existence dans ma vie n'est point hasard. Nos grands-mères dont les concessions étaient séparées par une tapade échangeaient journellement des messages. Nos mères se disputaient la garde nos oncles et tantes. Nous, nous avons usé pagnes et sandales sur le même chemin caillouteux de l'école coranique. Nous avons enfoui, dans les mêmes trous, nos dents de lait, en implorant Fée-Souris de nous les restituer plus belles. Si les rêves meurent en traversant les ans et les réalités, je garde intact mes souvenirs, sel de ma mémoire. Je t'invoque. Le passé renaît avec son cortège d'émotions. Je ferme les yeux. Flux et reflux de sensation: chaleur et éblouissement, les feux de bois; délice dans notre bouche gourmande, la mangue verte pimentée, mordue à tour de rôle. Je ferme les yeux. Flux et reflux d'images; visage ocre de ta mère constellé de gouttelettes de sueur, à la sortie des cuisines; procession jacassante des fillettes trempées, revenant des fontaines. Le même parcours nous a conduites de l'adolescence à la maturité où le passé féconde le présent. Amie, amie, amie ! Je t'appelle trois fois. Hier, tu as divorcé. Aujourd'hui je suis veuve. Modou est mort. Comment te raconter? »
Extrait de " Une si longue lettre" de Mariama Bâ
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Nous savons tous que nous allons mourir un jour mais nous n’y pensons pas tous les jours. Il faut vivre. Et nous préférons vivre comme si nous n’allions
jamais mourir. Nous savons que notre tour viendra aussi mais nous l’espérons le plus tard possible, dans très longtemps, quand nous serons devenus très vieux.
Un auteur espagnol a comparé la vie à un voyage en train : bondé de gens qui montent et qui descendent. Ce voyage en train est parsemé
d’accidents, de joies, de surprises agréables mais aussi de peines et de chagrins et de grandes tristesses.
Pascal, tu es monté dans ce train, il y a maintenant quarante deux ans. Tu y as fait des rencontres, celle de Stéphanie, il y a vingt ans et nous
t’avons rencontré toi et Fanny.
Mais ce voyage s’est interrompu dimanche soir. Tu es descendu du train, nous laissant orphelin de ta douceur, de ta tendresse ; laissant orphelin les
membres de ta famille de ton affection ; laissant orphelin Fanny, Nino et Sarah de ton amour.
Mais pour toi comme pour nous l’Amour est plus fort que la mort, et tu continueras à vivre dans nos souvenirs, dans nos cœurs et dans celui de tous les
membres de ta famille, dans le cœur de Fanny, de Nino, de Sarah.
Malgré tous les progrès du monde moderne aucun de nous ici présent n’est à l’abri d’une mort soudaine par maladie, par accident. Nous devrions y
réfléchir plus souvent pour aller à l’essentiel dans nos vies de tous les jours, pour ne pas trop nous perdre en vaines querelles, disputes et agitations inutiles.
Pascal l’avait compris, lui qui aimait tant disserter sur les mots. Intelligent, cultivé, Pascal aimait philosopher, s’interroger sur la valeur et la portée
des mots, en essayant de se débarrasser de tout ce qui est inutile, des habitudes, des idées toutes faites.
Par ses lectures et ses réflexions, Pascal s’était forgé une analyse personnelle de la vie dont Dieu n’était pas absent. Il avait entrepris la lecture
de la Bible. Il aimait s’interroger sur le monde, sur la vie, sur le sens de la vie, sur les hommes et en conséquence sur la société d’aujourd’hui.
Mais discret, réservé, modeste, Pascal ne s’imposait jamais. De sa voix douce, dans une discussion amicale, il faisait toujours des interventions brèves,
concises, pertinentes, pleines de bon sens.
Installé au Grézet Cavagnan avec sa petite famille dans la maison de ses grands parents depuis une dizaine d’années il s’était immédiatement intégré à
l’équipe des parents d’élèves des écoles du RPI. Toujours prêt à rendre service, on savait que l’on pouvait compter sur lui.
Bienveillant, Pascal tu l’étais. Tu avais le souci de ne pas porter tort aux autres, ton désir était avant tout de faire le bien autour de toi. Et tu prenais
la vie du bon côté. Pour toi, il n’y avait jamais de problèmes, mais que des solutions.
Tu aimais recevoir, tu aimais faire la fête car elle te permettait de rencontrer les gens, elle te permettait de t’isoler avec quelques personnes et tu
pouvais faire alors ce que tu aimais tant : échanger, partager des idées, partager un moment d’amitié, un moment de rencontre.
Mais tu aimais aussi la nature, l’automne. Cette saison si belle et si riche en couleurs, tu la partageais avec Nino et Sarah et vous partiez souvent en
promenade dans la forêt, à la cueillette des champignons mais aussi à la rencontre de la vie. L’Automne, saison si propice à la réflexion et à la méditation !
Tu aimais les autres, tu aimais ta famille, tu aimais Fanny, et tu aimais tes enfants Nino et Sarah à qui tu préférais expliquer plutôt qu’exiger,
imposer.
Mais tu étais aussi un solitaire. Et à la manière de Georges Moustaki tu ne t’es jamais senti seul avec ta solitude. Tu t’en es fait presque une amie, une
complice. Par elle, tu as tant appris ! L’aide, la présence, le courage et l’amour de Fanny ont adouci ta solitude face à la mort, solitude tant redoutée par beaucoup.
Fanny, Nino, Sarah, notre peine est grande aujourd’hui. La vôtre encore plus ! Mais sachez que dans le train de la vie, il reste encore des personnes
qui vous aiment et qui sont prêtes à vous aider.
Pascal a laissé son siège vide, mais il nous a laissé à nous tous qui continuons le voyage le souvenir d’une personne douce et
aimante.
Acceptez les témoignages de notre affection pour Pascal, pour vous, pour tous les membres de votre famille.
Nos pensées les plus affectueuses vous accompagnent dans cette douloureuse épreuve.
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Ma chère Agnès,
Tu m'as appris hier soir au téléphone que vous aviez choisi le prénom de « ma » prochaine petite fille: « Louise! » Je t'ai dit que c'est un bien jolie prénom et que je connaissais une grande dame qui porte ce prénom. Nous n'avons pas eu le temps de rentrer dans les détails et d'en parler d'avantage car c'est une bien longue histoire, une si vieille et triste histoire. Mais si tu as le temps de me lire aujourd'hui voici ce que j'aimerais que tu saches et que je n'avais pas envie de te raconter hier soir au téléphone.
Il y a deux semaines seulement, j'ai fait la connaissance de Louise Bois. C'était dans une exposition itinérante de copies d'oeuvres d'art qui a pour titre « Ma moitié » et qui se trouvait de passage à l'office de Tourisme de Salvagnac dans le Tarn.
Le conseil général de ce département a demandé à des poètes, des écrivains, des peintres, des illustrateurs contemporains de s'exprimer sur la moitié d'une reproduction d'une oeuvre d'art plus ou moins ancienne que l'on peut découvrir dans les musées du Tarn.
Toutes ces oeuvres d'art représentent des femmes, « moitié » d'un homme plus ou moins connu.
Sur la moitié droite de la copie du pastel représentant Louise Bois, réalisé par Marie Bermond , et que l'on peut voir en version originale au musée Toulouse Lautrec d' Albi, frère Anselme, moine bénédictin à En Calcat, a écrit :
« Que vais-je devenir, moi sa petite Louise? Il est trop tard, hélas, pour que je réalise qu' à tant combattre pour l'Humanité on ne s'attire que de l'adversité. »
J'ai alors voulu savoir qui est Louise Bois. Je suis allé chercher les informations suivantes sur internet, sur wikipédia.
Louise Bois est née en 1867. Elle est la fille d'un marchand de fromages en gros d'Albi. Elle se marie le 29 juin 1886. Elle a 19 ans. Il fait beau. La journée est magnifique. Il l'aime. Elle l'aime. Il a une bonne situation. Il est intelligent, brillant et déjà très connu, tout au moins au niveau local. Ils ont la vie devant eux. C'est la « Belle époque » !...
Le 19 septembre 1889, Louise donne la vie à la petite Madeleine et le 27 août 1898 au petit Louis. Une fille, un garçon, le choix du roi.
C'est le bonheur familial mais le ciel des amoureux n'est pas sans nuage. L'orage se prépare et le coup de tonnerre éclate le 31 juillet 1914 : un jeune étudiant, Raoul Villain, un nom pareil ça ne s'invente pas, assassine le mari de Louise, le père de Madeleine et de Louis, à la sortie de son travail au journal « L'Humanité ».
Le mari de Louise, le père de Madeleine et de Louis c'est ... Jean Jaurès. Brillant élève, il avait été reçu premier à l'Ecole Normale supérieure de la rue d'Ulm . Il en était sorti troisième au concours de l'agrégation de philosophie. Professeur, orateur et parlementaire socialiste, son pacifisme et son opposition au déclenchement de la première guerre mondiale soulevaient la haine de certains de ses adversaires de droite.
Raoul Villain l'a abattu, de deux balles de révolver dans la tête, au Café du Croissant, 146 Rue de Montmartre, le vendredi 31 juillet 1914 à 21h40.
L'assassin est arrêté et emprisonné mais la première guerre mondiale éclate et il n'est pas jugé. Il reste en détention provisoire. En 1915, Louis Jaurès a 17 ans. Il s'engage dans l'Armée française. Il est tué le 3 juin 1918.
Après cinquante six mois de prison, Raoul Villain est jugé, acquitté et …. Louise Bois, épouse Jaurès , doit payer les frais du procès.
Raoul Villain s’exile alors aux Baléares. Peu après le début de la guerre d'Espagne, les républicains l’exécutent pour espionnage au profit de l'armée franquiste.
Louise Bois est décédée en 1931. Madeleine Jaurès est décédée en 1951.
Ma chère Agnès, puisse notre petite Louise ne pas connaître une époque aussi terrible. Pardonnes moi si je t'ai importuné avec mes vieilles histoires. Je t'embrasse et je te dis à bientôt. Prends soin de toi et de la petite vie que tu portes en toi. Nous attendons avec impatience notre petite Louise à venir.
Ton père loin de toi qui pense à toi.
André LUGARDON.
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il meurt lentement
celui qui détruit son amour propre
celui qui ne se laisse jamais aider
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins
celui qui ne change jamais de repères,
ne se risque jamais a changer de couleurs de vêtements
ou qui ne parle jamais a un inconnu
Il meurt lentement
celui qui évite les passions
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés.
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour.
Celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves
celui qui pas une seule fois dans sa vie
n'a fuit les conseils censés "
Muere lentamente quien se transforma en esclavo del hábito, repitiendo todos los días los mismos trayectos, quien no cambia de marca, no arriesga vestir un color nuevo y no le habla a quien no conoce.
Muere lentamente quien evita una pasión, quien prefiere el negro sobre blanco y los puntos sobre las "íes" a un remolino de emociones, justamente las que rescatan el brillo de los ojos, sonrisas de los bostezos, corazones a los tropiezos y sentimientos.
Muere lentamente quien no voltea la mesa cuando está infeliz en el trabajo, quien no arriesga lo cierto por lo incierto para ir detrás de un sueño, quien no se permite por lo menos una vez en la vida, huir de los consejos sensatos.
Muere lentamente quien no viaja, quien no lee, quien no oye música, quien no encuentra gracia en sí mismo.
Muere lentamente quien destruye su amor propio, quien no se deja ayudar.
Muere lentamente, quien pasa los días quejándose de su mala suerte o de la lluvia incesante.
Muere lentamente, quien abandona un proyecto antes de iniciarlo, no preguntando de un asunto que desconoce o no respondiendo cuando le indagan sobre algo que sabe.
Evitemos la muerte en suaves cuotas, recordando siempre que estar vivo exige un esfuerzo mucho mayor que el simple hecho de respirar.
Solamente la ardiente paciencia hará que conquistemos una espléndida felicidad.